Qui a tué et qui a commandité l’assassinat de Agui Mars Aubin Deagoué, étudiant en Master 2, Anglais, alias «le Général sorcier», 1er responsable de la FESCI d’Abobo Adjamé ? C’est à cette question que tentent de répondre les fins limiers ivoiriens et surtout la justice, qui a levé un pan de l’épaix voile qui entoure ce meurtre.
Par le procureur, on a su que c’est dans la nuit du 29 au 30 septembre que l’interpellation d’Abdoul Karim Sidibé, se présentant comme agent secret, et surtout envoyé par Kambou Sié, président du tout-puissant syndicat la FESCI, et que ce Sidibé devait organiser une rencontre entre le gisant Deagoué et Kambou Sié. Lieu de ce rendez-vous : Angré Petro Ivoire où Deagoué a été enlevé par des individus, qui se sont engouffrés dans un véhicule vers une destination inconnue !
L’affaire aurait pu s’arrêter là, si Sidibé et Kambou Sié n’étaient pas copains et surtout si le leader national de la FESCI Kambou Sié et le défunt Deagoué n’étaient pas des adversaires voire des ennemis pour le leadership de la FESCI.
En effet, bien que Kambou Sié soit le patron de la FESCI, le «Général sorcier» lui faisait de l’ombre, et la probabilité qu’il le coiffe au poteau lors des prochaines élections du 1er responsable de la FESCI, cette probabilité est grande.
Alors Kambou Sié a-t-il voulu se défaire définitivement d’un poil à gratter, sinon d’un rival sérieux ? Qui a torturé le pauvre «Général sorcier » jusqu’à ce que mort s’en suive ? Kambou Sié (et les 5 étudiants arrêtés) ont-il donné l’ordre de tuer Deagoué ? Ou est-ce une intimidation qui a mal tourné ?
Ce crime au sein de la FESCI rappelle les heures sombres dans ce puissant syndicat estudiantin, que les politiques avaient transformé en quasi-mouvement politique ! Qui ne se rappelle pas de la mort de l’étudiant Thierry Zébié en 1990 et les mouvements estudiantins qui s’en ont suivis avec à la clef la première année blanche du pays ? Qui détenait la FESCI, détenait les jeunes du moins ceux d’Abidjan !
De Martial Joseph Ahipaud, le premier SG de la FESCI à Assi Fulgence, Assi alias «Général AFA» en passant par Eugène Koudio Djué, Jean Blé Guirao, Guillaume Soro, Blé Goudé dit «Général Gpabé», Jean Yves Dibopieu alias «le Pieu»… la FESCI a toujours été traversée par des courants centrifuges très violents, souvent mortels.
Alimentés par les politiques qui y surfent et sur un terreau souvent favorable avec les conditions de vie des étudiants, ces courants sont exploités et les leaders FESCI finissent parfois dans le marigot politique, tels Blé Goudé, actuel président de la COJEP ou Guillaume Soro, de GPS !
A J-1 de la présidentielle, est-ce déjà des prurits mortels émanant de la politique qui se dégagent sur les campus ? En tout cas, les activités estudiantines sont interdites jusqu’à nouvel ordre. Attendons les conclusions de la justice.
La REDACTION


COMMENTAIRES