Groggy et en colère depuis le 8 janvier 2025, jour où dans la région des 3 frontières Burkina-Niger-Bénin, une trentaine de soldats avaient été tués, le Bénin reprend peu à peu ses esprits et son tempo.
A l’occasion d’un hommage rendu hier à ses frères d’armes tombés pour la patrie, mais aussi pour briser le silence, le chef d’état-major de l’armée, le général Fructueux Gbaguidi, a ressassé une antienne qu’on entend fréquemment, mais dont l’opérationnalisation se heurte à des considérations politiques, géopolitiques, si ce n’est une question d’égos : la mutualisation des forces avec le Burkina et le Niger pour combattre l’hydre terroriste, qui lèche les côtes de Guinée, avec pour objectif, d’avoir pied maritime !
Bien dit et bien visé mon général ! Sauf qu’entre le Bénin et ces 2 pays, les atomes ne sont pas crochus, pour ne pas dire que le torchon brûle entre le Niger-Burkina et le Bénin.
Avec le Niger, la brouille sur l’acheminement du pétrole depuis le port de Sémè-Kpodjè, le procès des 3 ressortissants nigériens à Cotonou, la fermeture de la frontière à Malanville… toutes ces péripéties même si elles se sont tassées, ont produit des miasmes de part et d’autre, qui font que la confiance ne règne pas.
Si on ajoute qu’en juillet 2023, après le coup d’Etat au Niger, le Bénin était partie prenante pour une attaque pour libérer le président déchu, Mohamed Bazoum (c’est d’ailleurs cet épisode qui a créé cette tambouille tantôt tacite, tantôt ouverte), si on ajoute ce fait, on comprend l’existence de cette glace difficile à briser. Même si le président Talon a, depuis mis de l’eau dans son vin !
Avec le Burkina, la tension est retombée, mais les relations sont loin d’être même cordiales. On se souvient de la sortie du capitaine-président Ibrahim Traoré accusant le Bénin d’abriter des bases militaires françaises qui serviraient à former des terroristes, s’en est suivie la convocation de l’ambassadeur du pays des hommes intègres à Cotonou. Et de facto, des relations très mauvaises.
Bref, le Niger et le Burkina, désormais dans l’AES, s’accommodent difficilement de la vision du Bénin.
Mon général, sans vous contredire donc, ce que vous proposez est bien, la lutte contre les djihadistes ne saurait être un combat solitaire ! D’où la pertinence de l’AES. Le Niger et le Burkina, pourraient effectivement se joindre au Bénin pour ce combat, encore faut-il que les planètes des 3 pays soient alignées, or, elles ne le sont pas, et toute initiative commune sera face à cette problématique. Les 3 pays doivent d’abord s’entendre sur un minimum, à commencer par la confiance réciproque ! Sans faux-fuyant ni refuge derrière des considérations ineptes !
Déjà au Bénin, une manifestation contre le départ des troupes françaises est annoncée pour ce 25 janvier 2025 par la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (CSTB). Face à un ennemi commun, 2 Etats qui ont des différends, peuvent bien s’entendre pour combattre cet ennemi, quitte à reprendre leur mésentente après. Au mieux, les 2 Etats peuvent fumer le calumet de la paix. Pourquoi pas une rencontre Talon-IB-Tiani pour crever les abcès ?
La REDACTION


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