Blitzkrieg feutré à Bukavu et diplomatie confessionnelle chahutée : Et maintenant on fait quoi ?

Blitzkrieg feutré à Bukavu et diplomatie confessionnelle chahutée : Et maintenant on fait quoi ?

 

 

Des soldats congolais qui ont abandonné armes et munitions et fuient sans combattre, des populations qui se réfugient sur les collines environnantes, des scènes de pillages et de ratonnades à Bukavu étaient observables ce week-end, au Sud-Kivu, et prenant le chemin opposé rentraient justement les combattants du M23-AFC et soldats rwandais, notamment par la localité de Bagira !

 

Une prise de guerre capitale, que celle de Bukavu après Goma dans le Nord, puisque Bukavu est la principale agglomération du Sud-Kivu ! Une guerre-éclair, un Blitzkrieg même si c’est quasiment feutré car c’est sans combats que les occupants sont rentrés dans la ville, tout en mettant l’aéroport de Kavumu, sous leur contrôle.

Une bérézina des FARDC qui met en lumière un immense pays, dont l’armée, 5 fois plus grande que ces éléments du M23 et du Rwanda réunis, mais qui peine à repousser l’ennemi, car mal équipée et impréparée.

L’occupation de Bukavu se déroulait concomitamment au 38e sommet de l’UA à Addis-Abeba, réunion où la Commission paix et sécurité a soigneusement évité d’aller au fond du problème, c’est-à-dire, la recherche d’un cessez-le-feu et la condamnation de l’agresseur. Un conclave paix et sécurité où seul le Burundi, qui craint d’être une victime collatérale de ce conflit a donné une voix discordante, vite abasourdie par l’ire noire de Paul Kagame, qui a encore pointé du doigt la RD Congo qui refuse selon lui de régler cette question congolo-congolaise ! Tandis que Félix Tshisekedi, lui était à Munich pour un soi-disant sommet sur la sécurité. Qu’est-il allé chercher dans cette galère munichoise ? Il faut avouer que nombreux sont ceux qui se demandent à quoi joue le président congolais ? S’il a revêtu la tenue de chef de guerre sur le tard d’ailleurs, on se demande s’il habite vraiment la fonction ?

Sa place n’était pas en Allemagne où c’est la guerre russo-ukraine et l’OTAN  qui étaient au cœur des débats, la place de «Fatschi» était dans la capitale éthiopienne dans l’Africa Hall où il aurait pu donner la réplique à Kagame. Dans cette guerre du Kivu, Félix Tshisekedi semble avoir multiplié les bévues, et pataquès politiques et stratégiques, ajoutées à cette équidistance de la Communauté internationale, il apparaît de plus en plus fragilisé et même victime d’un «laissez-voir».

L’éternel guerre du Kivu, qui bat son plein et qui est allé loin comme jamais elle ne l’a été notamment en 2012, cette guerre est certes liée aux richesses minières, mais son évolution au détriment de ce pays-continent est due au chef de l’Etat congolais qui paraît tâtonner. Par exemple, il y a à peine 2 mois, c’était toujours le 3e mandat qui faisait monter l’encéphalogramme politique, lui-même sillonnant les régions pour en parler, alors que le M23 était déjà sur le pied de guerre.

Déroute-Blitzkrieg et incertitudes à Bukavu. Et maintenant, on fait quoi ? Excepté le Burundi qui a déployé ses soldats dans la zone des 3  frontières, c’est le doute qui prévaut. La solution réside dans la conjugaison de 2 efforts. Ceux de la diplomatie confessionnelle même polémiquée, et l’immixtion d’un 3e négociateur que d’aucuns voient en la personne du président mauritanien Mohamed Al Gazouani !

Des Congolais ont beau avoir eu des velléités de caillasser les Eglises et temples, après les rencontre CENCO-Eglise du Christ avec le M23 à Goma et Paul Kagame à Kigali et l’opposant Moïse Katumbi et autres à Bruxelles, cette initiative confessionnelle tient la route, car la position jusqu’au boutiste de Kinshasa, de refuser de s’asseoir sur la même table que le M23, est inepte, puérile et inopérante ! C’est cette rébellion qui est en train d’opérer une partition de fait de la RD Congo, le M23-AFC, selon certaines images, est adoubée par des populations à Goma et à Bukavu, l’UA n’a même pas pris la peine de diviser la poire en 2, elle l’a laissée entière, la Communauté internationale a d’autres chats à fouetter, même si le coltan du Kivu l’intéresse !

L’externalisation de la médiation par l’éventualité du président mauritanien à l’avantage que ce sera si c’est confirmé, un médiateur off shore qui va jouer les bons offices, étant donné que tous les présidents de la sous-région sont marqués soit pro RD Congo, soit pro-Rwanda, l’EAC et la SADC n’échappent pas aussi à cette critique.

Ce sont ces 2 pistes que Kinshasa devrait explorer, au lieu de s’époumoner en invectives via les réseaux sociaux, et les sorties médiatiques, la guerre est communicationnelle, certes mais en l’espèce, chacun sait ce qui se passe au Kivu. Et maintenant il faut trouver la solution pour le bien de la RD Congo et de la sous-région aspirée chaque jour dans une spirale d’incertitudes.

La REDACTION

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