Après l’historien Stora pour l’Algérie, c’est au tour de sa consœur Carine Ramondy de voir ses travaux menés avec d’autres historiens, se concrétiser pour le cas du Cameroun. La France a « fait la guerre » au Cameroun même après que le faux soleil des Indépendances a commencé à luire, guerre en appui aux autorités locales, qui ont succédé à celles de l’ex-Métropole. Guerre, contre des leaders indépendantistes, tels que Isaac Nyombé Pandjog, Paul Momo, Ruben Nyombé, Jeremy M’Belemé. Tacitement donc, à l’exception de la figure totémique de Félix Moumié qui aurait été empoisonné en Suisse, par un barbouze français, la France reconnait sa responsabilité dans le combat mené contre ces irrédentistes autonomistes, notamment de l’UPC pour ce qui concerne le Cameroun. Florilège de l’épistolaire d’Emmanuel Macron du 30 juillet 2025 à Paul Biya, lettre rendue publique ce 12 août 2025 : « Il me revient d’assumer aujourd’hui le rôle et la responsabilité de la France dans ces évènements au Cameroun ».
Ainsi, avec cette « reconnaissance » de la France dans la mangrove camerounaise, laquelle s’est prolongée sous le règne d’Ahmadou Ahidjo, Macron continue sa décolonisation mémorielle et assimilée. Que ce soit le Camp Thiaroye, où des tirailleurs sénégalais ont été massacrés en 1944, ou le plus emblématique, l’Algérie où la France a fait le coup de feu, et où le général De Gaulle a dû user de la force et de la diplomatie pour aboutir à un armistice, lequel continue ses reflux même de nos jours, pour tous ces exemples, Jupiter est prêt à une certaine responsabilité. Jusqu’où ira Macron dans cette quête de pacification des mémoires avec l’ex-précarré ? Pour le Cameroun, cette responsabilité sera suivie selon l’esprit et la lettre des travaux de la commission Ramondy de recherches et de l’accessibilité des archives. C’est un pas en avant pour le Cameroun, mais surtout pour toutes les familles de leaders et cadres tombés, lesquelles familles pourront peut-être cicatriser leurs meurtrissures, connaitre la « vraie vérité » et à la France de ne pas toujours trainer ces boulets mémoriels, attachés à elle depuis plus de 60 ans.
Aujourd’hui au Faso


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