CAN Maroc 2025 : Epiques débuts de 8es de finale, en attendant Burkina Faso -Côte d’Ivoire, un derby devenu géopolitique sous régional !

CAN Maroc 2025 : Epiques débuts de 8es de finale, en attendant Burkina Faso -Côte d’Ivoire, un derby devenu géopolitique sous régional !

 

 

Les premières rencontres des 8es de finale de la Coupe d’Afrique des nations de football (CAN) 2025 ont planté le décor, celui des favoris. Dans le match qui l’opposait au Soudan, les Lions de la Teranga n’ont pas permis la surprise.

 

Et pourtant, les Crocodiles venus du Nil soudanais ont crânement joué leur chance, en ouvrant le score. Un mirage rapidement dissipé par le sociétaire du Villarreal Pape Gaye et le titi parisien Ibrahim Ngaye. Avec cette large victoire (3-1), le Sénégal confirme son statut de «Gaindé» de la compétition.

Deux pays de l’AES (sur trois) sont présents. Sérieux candidats au sacre continental à chaque rendez vous, le Burkina et le Mali sont toujours en course. Et le pays du Général Assimi Goïta vient de franchir l’obstacle des 8es de finale, en écartant les Aigles de Carthage aux tirs au but. Entre le Mali Ba qui passe pour être l’une des meilleures sélections du moment et la Tunisie qui veut profiter de la proximité de l’événement pour remonter dans l’estime de son public, la partie n’a pas laissé de place à la mollesse. D’ailleurs, les Aigles du Mali ont évolué à 10 pendant plus d’une heure.

Ce samedi 3 janvier de fine pluie sur Casablanca, les Aigles du Mali et de la Tunisie ont usé de leurs griffes et becs pour s’octroyer le nectar des quarts de finale. En infériorité numérique, le Mali restera insoumis jusqu’à la 88e minute, sur une tête imparable. Difficile de penser en ce moment-là, que la partie était loin d’être terminée. Toujours présent et poussée dans ces derniers retranchements, la défense tunisienne commet une faute de main dans la surface de réparation. Le penalty repositionne les Aigles maliens dans les cieux nuageux casablancais. La suite s’est dénouée sur une épreuve de nerfs. Maladroit, Carthage doit se résoudre à capituler. l’AES sera bien en quart de finale.

Face à la Tanzanie, le Maroc a vite compris qu’il doit redescendre sur terre pour mieux jauger ses chances. Après avoir tenu les Lions locaux en échec pendant les premières 45 minutes, la Tanzanie a déposé les armes en deuxième période sur une passe décisive de Hakimi pour un but de Brahim Diaz. Alors qu’on pensait que le pays organisateur allait se défaire sans peine du petit poucet des 8es de finale, il s’en ait fallu de peu pour que la 35e  CAN vive son tremblement de terre.

 

Considéré comme l’un des chocs de ces 8es de finale, c’est Marrakech qui aura l’honneur d’abriter la rencontre Burkina Faso – Côte d’Ivoire. Le moins que l’on puisse dire, est que l’histoire entre ces deux pays voisins est, bien que solide, aussi versatile qu’ondoyante.

Autrefois réservoir de bras valides, puis peuples frères, quand ils n’entretiennent pas un rapport de parents à plaisanterie qui ne dit pas son nom, le Burkina et la Côte d’Ivoire, liés par un brassage identitaire et économique séculaire, cultivent aujourd’hui, disons-le, une ambiance de je t’aime moi non plus, fort heureusement sans animosité particulière.

 

En réalité, les liens entre ces deux peuples ne laissent que très peu de places à un possible escalade dramatique, même si de temps à autre, quelques foyers isolés font exception.

 

Sur la pelouse de ce 8e de finale, le sort a voulu que deux représentants de l’Afrique de l’Ouest s’affrontent ce mardi 6 janvier pour un ticket qualificatif. Un derby devenu par la force de l’histoire, une confrontation géopolitique. La  CEDEAO d’un côté et l’AES de l’autre.

Déjà, lors de la CAN disputée en Côte d’Ivoire, la compétition avait brandi le choc des frères «ennemis» en quart de finale. Les Eléphants de Côte d’Ivoire avaient pris le dessus contre les Aigles maliens de l’AES. Cette fois-ci, c’est au tour du Burkina Faso de défier le pachyderme, vu à tort ou à raison, comme la parfaite incarnation du valet local du maître spolieur. Des voix lucides se sont fait le devoir de calmer la tempête et redonner au football ses attributs de noblesse. Le terrain n’est pas un arène, encore moins une agora politique ou idéologique et il est à parier que les acteurs sur la pelouse l’ont absolument assimilé en tout âme et conscience. Peut-on en dire autant du citoyen lambda dans les 2 pays frères ?  Le doute est crédible ! Du côté de la Côte d’Ivoire tout comme du Burkina, ils seront nombreux à faire fi de la belle empoignade footballistique que vont proposer ces deux habitués du raout des pieds agiles africains, pour vivre ce match par procuration politique.

 

Quoi qu’il en soit, si le résultat de ce match appartiendra aux analystes du football, personne ne peut empêcher l’éternelle récupération dont le football a toujours fait l’objet. De ce point de vue, les railleries ne manqueront ni dans les bureaux huppés, ni dans les villas cossues et  les chauds maquis de Ouagadougou et Abidjan. C’est cela aussi la magie endiablante du football.

Plus qu’une opposition géopolitique, cette confrontation que d’aucuns résumeront en un face à face CEDEAO – AES, ne fera que donner du goût au spectacle et c’est tant mieux pour tous les amoureux du football africain. Mais en définitif, heureux sont ceux qui comprennent que le football, quoi qu’un moyen d’affirmation et d’appartenance, reste un jeu.

 Hamed JUNIOR, envoyé spécial au Maroc

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