Évoquer le crash de l’avion d’Air Algérie du vol AH 5017 du 24 juillet 2014 au-dessus du désert malien, c’est voir défiler quelques réminiscences telles cette conférence de presse du Général Gilbert Diendéré, lequel à l’époque avait indiqué à peu près le lieu du crash alors que les recherches étaient en cours ; ce sont ces familles des 116 victimes qui sont allées sur le lieu du drame, c’est aussi cette polémique indécente engagée par la compagnie…
Mais c’est surtout ce long marathon judiciaire s’il en est de ces parents de ces 54 Français, 23 Burkinabè, et ceux des Libanais, Algériens, Canadiens pour enfin obtenir un procès, après que la Cour de l’UE ait infirmé le non-lieu demandé par Swiftair, cette compagnie espagnole qui avait affrété l’avion.
Douze ans après, pourquoi un tel procès ?
En ouvrant ce jugement hier 9 mars 2026, devant le Tribunal correctionnel de Paris, plus de dix ans après la tragédie, les parents et ayants droit veulent d’abord toute la vérité. Car si procès il y a au terme d’une bataille au long cours, c’est qu’auprès des affectés, Swiftair traîne dans son sillage une odeur de dilettantisme dans cette affaire, que la justice a enrobé en « formation lacunaire ». Autrement dit, l’équipage avait des compétences pelliculaires et n’était donc pas habilité à piloter l’avion, surtout face à des desiderata liés au vol aérien tels que les nuages, le tonnerre…
Pendant des années d’ailleurs, la compagnie Swiftair a joué la montre, retardant le procès, obtenant même un non-lieu en Espagne. Las, l’opiniâtreté des ayants droit et parents a payé et la justice de l’UE a maintenu un procès à Paris qui s’est ouvert donc hier.
Une lutte qui rappelle les propos de Me Halidou Ouédraogo, qui a perdu sa fille dans ce crash, et qui disait qu’il faut tôt ou tard un procès. On y est !
Mis en l’état, comparution du représentant légal de Swiftair et demande d’une extinction de l’affaire étaient sur la table à l’audience d’hier. 4 semaines durant, on en saura plus sur ce crash, un procès qui revêt un caractère cathartique, car justice aura été rendue de jure, après clôture de l’instruction et moult péripéties. Déterminer les responsabilités pour que plus jamais ça ! En aéronautique, c’est connu, chaque accident contribue à l’amélioration de la sécurité générale.
Un procès un peu mémoriel, car déjà à Ouaga par exemple, face à l’hôtel de ville à la Cité An III, se dresse une place dédiée aux 23 suppliciés Burkinabè de ce crash. Les indemnisations ayant déjà eu lieu également. Et quelque part, un tel procès va un peu raviver la douleur des parents également.
Aujourd’hui au Faso


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