Campagne présidentielle au Bénin : « Oui, ce n’est pas un match amical » mais le jeu est plié !

Campagne présidentielle au Bénin : « Oui, ce n’est pas un match amical » mais le jeu est plié !

 

 

A quelle campagne présidentielle et à quel duel peut-on comparer celle qui oppose Romuald Wadagni de la mouvance au pouvoir c’est-à-dire l’Union Progressiste pour le Renouveau (UPR) et le Bloc Républicain (BR) à Paul Hounkpè de Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE)? Est-ce le match Mathieu Kérékou contre Nicéphore Dieudonné Soglo en 2001 ? Ou à celui de Thomas Yayi Boni contre Adrien Houngbedji en 2006 ? A moins que ce ne soit Patrice Talon contre Lionel Zinsou en 2021 ? !

Non, la configuration du combat électoral du 12 avril prochain dont la campagne a débuté ce 28 mars 2026 est inédite, déséquilibrée et un brin insipide. Non pas que le couple Wadagni-Talata et celui Hounkpè Hounwanou ne mouilleront pas les vestes et pagnes, non pas que les Béninois ne sont pas prêts pour aller aux urnes. C’est le moins que l’ex-quartier latin de l’Afrique puisse faire ! Mais à voir de près, cette élection est un peu bancale par l’absence d’une opposition représentative, capable de donner la réplique au champion du camp présidentiel. C’est une présidentielle jouée quasi d’avance avec un hyper favori dont le mentor a déblayé le terrain pour lui : le boulevard du palais de la Marina a été proprement débarrassé de tout obstacle politique pour que quand Talon va l’emprunter pour sortir, Wadagni prenne le chemin inverse.

C’est que le président sortant Patrice Talon qui professe souvent qu’il a pris le pari « d’être impopulaire » a substitué le multipartisme compétitif à un système de parrainage verrouillé, qui barre la route aux Démocrates, le seul parti d’opposition qui pouvait à défaut de faire pièce au dauphin de Talon, avait la capacité de le balloter et imposer un second round. Quoiqu’on puisse dire, le champion du président sortant est avantagé par tout simplement l’appui de Talon, l’absence de candidat d’envergure, et les prises de guerre qui se poursuivent par des défections chez les Démocrates pour rejoindre le camp du chef de l’Etat. Pire, les Démocrates lors du congrès du dimanche 22 mars dernier ont adopté une position de neutralité qui confine à du défaitisme : ni Wadagni, ni Hounkpè ne sera soutenu, du moins officiellement, même si sur Wadagni on a beaucoup glauser lors de ce Conseil national des Démocrates. Campagne électorale biaisée s’il en est, car entre une opposition modérée qu’on soupçonne d’ailleurs d’être une opposition conviviale, et une super plate-forme  de pouvoir et à défaut de prendre à rebours Hounkpè même si aucune élection n’est gagnée à l’avance entre les 2 camps, « le match même s’il n’est pas amical est plié ».

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