7 avril 1994-7 avril 2026 voici 32 années que débuta le massacre des Tutsis et Hutus modérés au Rwanda qui fera 800 mille victimes. Il aura fallu la marche forcée de Paul Kagame depuis Kampala, pour arrêter ces tueries et instaurer la paix.
Depuis 1994 date de d’accession du Front patriotique rwandais (FPR), ce génocide est commémoré en plusieurs temps et durant 100 jours, avec à sa tête Paul Kagame lui-même lequel a allumé hier la flamme du Souvenir. 100 jours représentant le temps mis à l’époque pour tuer depuis les hauteurs de la colline de Bissessero jusqu’aux villes et villages rwandais. Comme à l’accoutumée, le Kwibuka 32 se veut un rempart et une lutte contre l’amnésie et le négationnisme. Ce 32e anniversaire est marqué par la reddition des comptes au niveau judiciaire, avec le jugement ou l’arrestation de génocidaires ou accusés tel Claude Muhayimana en février 2026 à Rouen ou encore Madjaliwa Safari en août 2025. Depuis des années déjà, la France qui était la planque idéale pour ces génocidaires est devenue « invivable » judiciairement pour eux, ce qui a contribué à réchauffer des relations franco-rwandaises en dents de scie pendant des années. Oubliés les mandats d’arrêt de juges français contre des proches de Kagame, finie la rupture des relations entre les 2 pays, même si persistent des miasmes de l’opération Schizophrène Turquoise. 32 ans après ce pogrom géant, c’est un pouvoir rwandais qui a tenu malgré la gestion difficile de l’après 1994, et toutes les conséquences qui s’en sont suivies : cohabitation entre Hutus et Tutsis, le nivellement et le combat contre les négationnistes, et la longue brouille avec la France. Il aura fallu ce pouvoir fort, incarné par l’homme mince de Kigali pour résister aux bourrasque de ce pays aux milles fosses communes. Pouvoir bâti sur le travail et la discipline, en tournant le dos à la démocratie version occidentale. Une verticalité du pouvoir doublée de celle mémorielle qui ont fait du Rwanda « l’Afrique qui marche », et même si de temps en temps, on critique l’absence de démocratie, on est admiratif des prouesses de ce pays des Grands Lacs. Seule ombre, la guerre au Kivu où le Rwanda selon toutes les sources y est impliqué aux côtés de l’AFC-M23. Rapports onusiens, témoignages et surtout le 22 janvier 2026 Mathilde Mutakabana, l’ambassadrice du Rwanda aux USA a reconnu une « coordination sécuritaire » entre le Rwanda et le M23 dans l’Est de la RD Congo. C’est un aveu à mots à peine couverts. Sanctions diverses dont les dernières en date contre 4 hauts gradés et même l’armée rwandaise, hausse de ton du côté de Washington sont actuellement les soucis du pays des mille collines, qui n’en continue pas moins d’être le Singapour de cette région. Le génocide y a contribué permettant à Kagame de passer outre certaines contraintes diplomatico-militaires pour transformer en bien son pays.
Dieudonné Zowenmanogo Zoungrana


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