On ne sait pas ce qu’il dira à Douala et surtout à Bamenda la frondeuse — bref, des Anglophones et de l’opposition — mais déjà, lors de sa visite de courtoisie au président Paul Biya au palais d’Étoudi, le Pape Léon XIV, puisqu’il s’agit de lui, n’a pas fait dans la langue de bois.
Le discours n’était pas véhément, ni frontal, mais ferme et prononcé avec conviction :
Droits de l’homme – Justice sociale – Gouvernance – Protection des plus vulnérables – Pas de place à la loi du plus fort.
On croirait entendre un opposant au pouvoir de Paul Biya, égrenant ce qu’un John Fru Ndi disait dans les années 80, un Maurice Kamto il y a une dizaine d’années, ou un Tchiroma il y a quelques mois. Pour un Pape qui ne faisait pas une homélie, c’est un réquisitoire du chef de l’Église catholique qu’ont entendu les 2 000 invités et, bien sûr, le maître de céans, Biya en personne, dont le discours était convenu.
Au Cameroun, pays de prédilection des pontifes (puisque ces 20 dernières années, pas moins de trois successeurs de Saint-Pierre y ont séjourné), cette visite est hautement diplomatique, teintée de spirituel, dans un pays à majorité catholique mêlée de syncrétisme. L’enjeu est de :
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Calmer la fournaise post-présidentielle de 2025.
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Tenter de concilier un Nord aux velléités sécessionnistes avec un Sud.
À Bamenda, ce sera un Léon XIV « politique » qui parlera forcément. Dans cette partie septentrionale du Cameroun qualifiée de région-martyr, on attend beaucoup de ce Pape qui a la justice et les droits de l’homme collés à sa chasuble. Déjà, en pourfendant la corruption devant le président Paul Biya, Léon XIV indique la voie.
Aujourd’hui au Faso


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