3 ans de guerre au Soudan : Banalisation d’un conflit qui n’aurait jamais dû commencer

3 ans de guerre au Soudan : Banalisation d’un conflit qui n’aurait jamais dû commencer

 

La guerre au Soudan : une banalité ! C’est la rançon et le drame des guerres qui perdurent. Non seulement elles se banalisent, mais les populations civiles ne savent plus sur quel belligérant compter, ni quel avenir leur réserve le conflit.

Il y a 3 ans, lorsque les deux « frères » généraux alliés d’hier se sont mis à se tirer dessus via les FAS d’Al-Burhan et les FSR d’Hemedti, on avait cru à deux scénarios :

  1. Soit l’un des généraux prenait le dessus et terminait rapidement le conflit.

  2. Soit les parrains parvenaient à trouver une solution transitoire.

Hélas, aucune des solutions n’a prospéré. Toutes les négociations ont échoué, d’autant que la communauté internationale est divisée entre ceux qui roulent pour Al-Burhan et ceux pour Hemedti. Le bilan après 36 mois est effroyable :

  • 150 000 morts.

  • Entre 11 et 15 millions de déplacés.

  • Une catastrophe humanitaire indescriptible.

Khartoum a été reprise, mais c’est une capitale meurtrie et ravagée. On y voit les marques des combats : le palais présidentiel est très touché, les hôpitaux fonctionnent au minima et le siège de l’armée est dévasté. Si certains habitants reviennent petit à petit, El-Fasher reste un bastion des FSR, où les crimes contre l’humanité répertoriés sont nombreux.

La communauté internationale tente des reconstructions par des conférences, comme celle de Berlin, mais que faire quand des régions comme le Kordofan-Sud et le Nil Bleu sont toujours des zones de guerre ? Sans oublier les mines qui continuent de tuer ou de handicaper.

Le Soudan est aujourd’hui l’exemple même de la problématique des supplétifs (les FSR) que l’armée régulière a refusé d’intégrer. C’est aussi l’échec de dirigeants n’ayant pas su capitaliser sur la dynamique post-Omar El-Béchir. Avec des combats qui s’étendent sur la majorité des 18 États et une régionalisation du conflit (incidents avec le Tchad), la fin n’est pas imminente. En fait, cette guerre n’aurait jamais dû commencer.

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