Tranquillité et progrès dans CEDEAO-AES : La Tour de Pise de Lomé

Tranquillité et progrès dans CEDEAO-AES : La Tour de Pise de Lomé

 

Lomé la capitale du Togo a servi comme rampe de départ de la Stratégie Togo-Sahel pour la sécurité, la paix, la stabilité et le développement socioéconomique du Sahel et du Sahara, c’est-à-dire en termes plus clairs entre les pays de la CEDEAO et de l’AES. Confrontés à des problématiques protéiformes, les pays de l’Hinterland en particulier de l’AES (Mali-Burkina-Niger) et ceux qui ont un corridor maritime au niveau du Golfe de Guinée, seule une unité d’action est salutaire. La nouvelle Stratégie Togo-Sahel qui a regroupé une quinzaine de délégations représentant des Etats, des organisations internationales et des experts, se veut une nouvelle approche pour qu’enfin la sous-région puisse d’abord se réconcilier Oui, tout commence d’abord par-là, et si quelques jours avant le 18 avril, Lansana Kouyaté était à Lomé, c’est que le négociateur en chef mandaté par la CEDEAO, pour renouer vraiment le fil du dialogue, Kouyaté était à la bonne adresse, chez Faure Gnassingbé. Le président du Conseil du Togo bien introduit chez ces 3 pays militaires de l’AES et aussi membre de la CEDEAO est effectivement la bonne courroie de transmission entre les 2 entités. La démarche du Togo est originale, car elle est holistique, elle intègre tout le monde, et a dégagé 5 piliers, disons les 5 accoudoirs sur lesquels s’appuyer pour ce travail de « retrouvailles » et de combat commun contre le terrorisme :

1) Le pilier du dialogue politique Togo-AES ;

2) Le pilier du bon voisinage et de la coexistence pacifique ;

3) Le pilier de la coopération et de l’intégration économique sous régionale ;

4) Le pilier de la lutte contre le terrorisme et de la politique de défense et de sécurité sous régionale

5) Et le pilier de la diplomatie et de la coopération régionale et internationale.

Et les chefs de la diplomatie togolaise et burkinabè Robert Dussey et Karamoko Jean-Marie Traoré ont tenu des discours du même tonneau, allant dans le sens d’une sécurité et géopolitique qu’épousent les réalités des terroirs concernés, mais qui campent aussi la solidarité, la franchise et la transparence entre le Togo et l’AES.

Quelle lecture faire de cette réunion de Lomé sur la Stratégie Togo-Sahel ?

Fidèle à sa tradition de médiateur, le président Faure Gnassingbé veut la concrétiser à travers la vraie coexistence CEDEAO-AES. N’a -t-il pas été en partie à la base de la libération des soldats ivoiriens au Mali ? Ne s’est-il pas rendu à Niamey au lendemain du 26 juillet 2023 (chute de Mohamed Bazoum au Niger) pour soutenir le Général Tiani, alors que la CEDEAO endossait le costume du père-fouettard ?

Ensuite, le fait même d’avoir fait asseoir délégations de la CEDEAO-AES est en soi une réussite du Togo qui montre là, une diplomatie pugnace, réaliste et débarrassée des fioritures, bref pragmatique !

En bâtissant la temporalité (2026-2028) et en actualisant la Stratégie 2021-2025, sur des enjeux primordiaux qui sont autant d’hypothèques, le Togo innove. La diplomatie togolaise ainsi déployée dans le différend CEDEAO-AES ressemble à la Tour de Pise en Italie. Bien que penchée depuis des siècles, elle reste très solide.  La position du Togo, cette diplomatie du grand écart s’il en est souvent indéchifrable pour certains que d’aucuns disent penchée, n’en demeure pas moins un observatoire et une place de choix pour aplanir les divergences pour l’avènement on l’espère d’une paix, d’une sécurité et d’une intégration entre 2 entités qui sont diamétralement opposées. N’est-ce pas la choregraphie de toute diplomatie efficace ?

 

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana

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