Journée mondiale de la liberté de la presse : Les médias ciment de la cohésion sociale au Sahel

Journée mondiale de la liberté de la presse : Les médias ciment de la cohésion sociale au Sahel

 

 

Hier 3 mai, a été célébrée la Journée mondiale de la liberté de la presse qui perpétue l’esprit et la lettre de la Déclaration de Windhoek. Thème du millésime 2026 « Façonner un avenir de paix, promouvoir la liberté de la presse ». RSF note que le niveau de cette liberté a encore connu une baisse barométrique en 25 ans, dans la moitié des pays où il a fait les observations.

Le thème de cette année convient dans la sous-région notamment au Sahel, où la cohésion sociale a été mise à mal par l’insécurité et les attaques terroristes. Comment façonner un avenir ensemble si les dissolvants divisent ? Il appartient aux médias d’œuvrer à pacifier les cœurs, à façonner l’opinion pour cultiver une posture rassérénante. La guerre asymétrique imposée au Sahel par des ennemis intérieurs et extérieurs rend cette tâche pas facile, ce n’est pas la farniente d’exercer ce métier sous nos frimas. Il y a les impératifs sécuritaires qui ont appelé à l’érection de lois y afférentes qui font que le journaliste au Sahel doit adopter une éthique et une déontologie de régulation et d’accompagnement des Forces de défense et de sécurité. Ensuite la question noeudale qui a turlupiné, divisé et fait des gorges chaudes est : en temps de guerre le journaliste doit-il tout filmer avec sa caméra, écrire ou dire tout ?

Informer, analyser, s’en tenir aux faits sont l’ADN du journaliste. La guerre est un chamboule-tout et le Sahel, particulièrement  les médias qui sont devenus aussi des armes de guerre doivent prendre conscience de ce qu’on appelle le journalistan : sur les théâtres de guerre dans le monde entier, la densité des journalistes au m² est devenu un véritable problème. Tous les journalistes qui parlent d’une guerre le font pour certains pour diverses raisons.

Si fait que tous n’ont pas la même grille de lecture: sources militaires-médicales-locales et officielles, alimentent ces médias et in fine le thème de cette journée mondiale de la liberté de la presse ramène à une autre question : Est-ce que ce que le journaliste va distiller, va engendrer plus de bien (ici la cohésion sociale) ou est porteur de germes conflictogènes ? in petto et même au regard de sa ligne éditoriale, le journaliste doit faire son option.

Ce qui amène à dire qu’en temps de guerre comme c’est le cas au Sahel dans l’espace AES, une bonne compréhension de la liberté de la presse ne se conçoit que dans un environnement de paix que seul assure l’Etat debout et sécurisé ! Maitriser le narratif informationnel est devenu une arme de guerre. Et pouvoir contrer les fakes news et intox des médias mensongers présentants toujours le Sahel sous des atours apocalyptiques.

Dans ce fatras de réseaux sociaux, les médias doivent avoir leur rôle sociétal chevillé au corps car le journaliste n’est pas désincarné, il est l’homme d’un pays et d’une époque. Il n’y a pas de journaliste offshore !

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana

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