3 heures de conférence de presse ce 7 mai 2026, pour dire que si les Congolais estiment qu’il peut solliciter un 3e mandat, il est partant. C’est ce qui ressort du face-à-face entre Félix Tshisekedi et les médias.
Car, tout le reste, développement, santé, éducation et surtout la lutte contre l’AFC-M23 à l’Est du pays ont été éclipsés par cette révision constitutionnelle que les affidés du chef de l’Etat attisent publiquement. Heureux d’avoir mené la RD Congo sur les rails durant ses 2 baux, Félix Tshisekedi serait encore enchanté d’étrenner un 3e si les Congolais daignent le lui proposer. L’applaudimètre qui a éclaté après ses verbatim présidentiels, montrent que c’est déjà acté, reste à concocter le processus juridique, et le président ne voit qu’une seule voie : le référendum constitutionnel !
Depuis des mois, l’UDPS et tout le camp présidentiel font du rafût pour dire que le 3e bail est une nécessité. Mise sous éteignoir pendant quelques mois dû à l’activisme de l’AFC-M23, cette velléité se concrétise et prend forme. Et l’opposition dans tout ça ? Aphone, affaiblie et sans arguments lourds, elle se tait pour le moment. Seuls quelques petits couteaux donnent de la voix désapprobatrice, mais pas très audible. Les ténors que sont Martin Fayulu, Moïse Katumbi, des OSC comme la Lucha évoquent évidemment les articles 164 et 165 qui parlent de « haute trahison » en cas de tripatouillage constitutionnel. Cependant, on sent un Tsisekedi très confiant qui sait que les écueils qui avaient empêché Joseph Kabila d’avoir un 3e mandat, ces empêchements n’existent plus, ou sont relégués au second plan et même la guerre au Kivu a un aspect qui l’arrange de nos jours. Néanmoins, on est à 2 ans et demi de la présidentielle et le « glissement » qu’il caresse, pourrait être aussi un retour de la manivelle. Car, si report il y a pour la présidentielle pour cause de guerre au Nord Kivu, alors le référendum n’est-il pas une élection ? Question pertinente d’ailleurs de la Lucha au chef de l’Etat. S’il est impossible de tenir une présidentielle parce qu’il y a la guerre à l’Est, la même raison vaut pour l’aval référendaire qu’il sollicitera. Il y a un paradoxe très grossier dans cette posture, et attention à cette trop grande assurance, et les 3e mandats indus sont souvent les mandats de trop .
Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana
Aujourd’hui au Faso


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