Mouvement d’humeur de travailleurs sur la mine de Simandou. Selon plusieurs médias, les opérations d’extraction ont été interrompues depuis plusieurs jours sur les blocs 1 et 2 du projet minier de Simandou, en Guinée exploités par le consortium Baowu Winning Consortium Simandou (WCS à la suite d’un mouvement de grève déclenché par des travailleurs dénonçant des écarts de rémunération. Selon plusieurs sources citées par Reuters, des ouvriers ont cessé le travail depuis la semaine dernière dans le cadre d’un conflit salarial. Le mouvement affecte directement les opérations d’extraction. Le dynamitage, le chargement, le transport et le déchargement du minerai ont été suspendus, même si les activités ferroviaires et portuaires continuent pour le moment.
Des discussions étaient en cours mercredi entre la direction et les représentants des travailleurs afin de tenter de trouver une issue au conflit. D’après des sources syndicales, environ 3 000 employés participent à cette grève, présentée comme la première enregistrée au sein de la coentreprise dirigée par le groupe chinois Baowu Resources. Au cœur des revendications figure l’application de la nouvelle grille salariale instaurée par les autorités guinéennes en 2025 afin d’harmoniser les rémunérations dans le secteur minier. Les travailleurs accusent WCS de ne pas avoir appliqué cette réforme.
Une source proche du consortium affirme toutefois que l’entreprise respecte les dispositions fixées par le gouvernement. Selon cette même source, les salariés réclament désormais un alignement de leurs rémunérations sur celles pratiquées au sein de Simfer, la société qui exploite les blocs 3 et 4 de Simandou avec Rio Tinto, Chinalco et l’État guinéen. Certains employés dénoncent des écarts importants. Un chauffeur de camion travaillant pour WCS depuis 2020 affirme que son salaire reste nettement inférieur à celui de travailleurs occupant des fonctions similaires chez Simfer. Il explique également que des promesses d’augmentation avaient été évoquées durant la phase de développement du projet, sans avoir été concrétisées jusqu’à présent.
Une délégation gouvernementale a rencontré les grévistes mardi, sans parvenir à obtenir une reprise des activités. Le projet de Simandou, considéré comme l’un des plus importants gisements de minerai de fer inexploités au monde, a commencé ses exportations en novembre dernier après plusieurs décennies de retard. À pleine capacité, le site devrait produire jusqu’à 120 millions de tonnes de minerai de fer par an. Durant la phase de construction, WCS employait plus de 10 000 travailleurs pour le développement de la mine ainsi que des infrastructures ferroviaires et portuaires. Les effectifs sont actuellement en cours de réduction avec la montée progressive de la production.


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