Sommet « Africa Forward » de Nairobi : La carte anglophone et les scories de la Françafrique

Sommet « Africa Forward » de Nairobi : La carte anglophone et les scories de la Françafrique

 

 

Heurtée et même indésirée au Sahel où ses soldats ont été priés de partir et une coopération au minimum syndical, il y a quelques années déjà que la France essaie de changer son logiciel de coopération avec les Afriques, mais aussi de diversifier sa zone d’influence et d’affaires. L’ex glacis français legs des colonisations, c’est fini, place à ces pays qui n’ont même pas le Français comme 3e ou 4e langue. L’ère du «précarré» africain de la France est revolue depuis 2017 a martélé Jupiter à Nairobi. Sans doute peut on dater ce requiem exactement à novembre 2017 à l’université Joseph Ki Zerbo ou devant des étudiants acquis et le président d’alors Roch Kaboré, Marcon a dit n’avoir pas de politique africaine de la France.   C’est dans ce moule qu’il faut caler la tournée africaine d’Emmanuel Macron, qui était ce week-end en Egypte, une mastodonte économique et géopolitique en Afrique. Là, il a inauguré aux côtés du raïs égyptien Al-Sissi le nouveau campus de l’université de la Francophonie Senghor à Borg-Al Arab. Mais le clou de ces 5 jours de présence de Jupiter en Afrique (Ethiopie-Egypte-Kenya), est le sommet « Africa Forward » de Nairobi. Un sommet France-Afrique ou Afrique-France qui change et de format et d’objectifs, et chacun aura remarqué la mutation linguistique  de la dénomination, et le lieu où il se tient ce lundi 11 mai et mardi 12 mai ! Et pour cause, s’il y a bien des chefs d’Etat du continent qui seront au pays de Jomo Kenyatta, rien à voir avec le dernier sommet de Montpelier, ni avec les précédents. A Nairobi, il sera question de business, d’innovation, de technologie, de financements et d’investissements, commerce international et évidemment de jeunesse, (1 jeune sur 3 sera afrcain en 2050), start-up, IA, entrepreneuriat et privé.

Fin du modèle classique de l’aide au développement, et même si Remy Rioux le patron de l’AFD, en fin de mandat a beau rester optimiste, il est vrai que cette Banque internationale a fait de grandes réalisations en Afrique et surtout au Sahel, si le DG sortant l’AFD a donc beau rester disponible, cette aide au développement a fondu comme peau de chagrin. Il faut en réinventer et l’adapter aux désidérata et exigences d’un Sahel et pas seulement arc-bouté à une rupture souveraineté, et où tout ce qui touche la France est à minima suspect !

Premier constat donc que la France a reçu le message 5/5 des disparitions de non seulement son ex-précarré, mais aussi de cette géopolitique ou sa posture basée sur des acquis historiques ont été balayés par des pays comme la Russie, en tout cas sécuritairement, le Kremlin s’est substitué à Paris dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, mais la France perdu du terrain face à la Chine, aux USA. Cap sur les affaires et plus de préseance ou de préférance historique, puisqu’on a brûlé les vieilles scories de la Françafrique ?

Le choix aussi du Kenya, pays anglophone pour ce conclave franco-africain en dit long sur la prise de conscience et le vœu ardent de la France de ne pas ignorer les tensions diplomatiques avec des ex-colonies, et de prendre ce recul en « labourant » ailleurs son influence et sa coopération. Nigeria-Mozambique ou Total Energies a trouvé la timbale pétrolière au Cabo Delgado, Kenya, Ghana… la France étend le spectre de son partenariat, tout en gardant un œil ouvert sur les traditionnels pays francophones. La preuve, le Togo AES compatible a reçu le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot le 23 avril dernier. Et même malgré le divorce consommé avec les pays de l’AES, elle ne désespère pas d’une normalisation des relations sur la base d’un partenariat respectueux des choix politiques et économiques de chacun. Nairobi peut-il être le véritable point de la nouvelle coopération France-Afrique ? Ou un simple forward ? Jusqu’où la France est-elle prête à aller pour conquérir non seulement ces pays pas francophones, mais renouer avec ceux traditionnellement présentés comme francophones et francophiles, et dont les ténors qui regimbent s’appellent Mali-Burkina-Niger, très épiés par tous ceux qui ont un passé colonial avec Paris ?

 

 

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana

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