Chacun connait l’histoire du minotaure pour être dans l’ère de la croisette à Cannes (1) à 2 têtes dont l’une a été coupée par Hercule dans le labyrinthe, laissant le monstre avec une seule tête. Depuis ce vendredi 22 mai 2026, l’Exécutif bicéphale qui a conquis le pouvoir en 2024 au Sénégal s’est séparé : le président de la République Bassirou Diomaye Faye a finalement limogé son compagnon et ami politique Ousmane Sonko qui était à la Primature.
On savait ce divorce qui était de fait depuis des jours, inévitable, mais c’est la date de cette séparation officielle qui était incertaine, ni la forme qu’elle prendrait, démission ou renvoi ? Est-ce la perpétuation de ce fatum des premiers ministres sénégalais qui continue depuis 1960 ? Cette défénestration politique tard dans la nuit du 22 mai par congédiement par un communiqué lu sur la RTS épilogue d’un combat qui n’était plus feutré au sommet de l’Etat, signe d’abord la fin d’un rêve qui était beau pour durer dans le temps, mais au-delà, il montre les limites de l’idéal politique face aux égos forcément surdimensionnés et aux chocs des ambitions personnelles.
C’est désormais le PASTEF contrôlé par Ousmane Sonko contre la Coalition Diomaye Faye président. En clair, l’Exécutif contre le législatif, une guerre sans merci des pouvoirs majoritaires avec en ligne de mire, les communales de 2027 et surtout la présidentielle de 2029. Doute, colère et désarroi au niveau des « Pastefistes. Surtout les jeunes sénégalais qui avaient cru à ce que le duo Faye-Sonko leur a vendu, et qui ne savent plus à qui s’agripper. En effet, si Sonko limogé affirme qu’il « dort le cœur léger » et si les militants du PASTEF ont envahi son domicile de Keur Gorgui de Dakar, pour lui apporter soutien et réconfort, le chef de l’Etat lui, consulte à tour de bras (9 ex premiers ministres ont été reçus) et s’apprête à nommer un remplaçant de Sonko, tout en consolidant sa coterie. La leçon de chose politique adoubée et citée en exemplarité a vécu, se profile désormais après ce tsunami politique, un combat fratricide, d’autant plus redoutable que les duellistes se connaissent très bien pour savoir où porter l’estocade pour que ça fasse mal !
Diomaye Faye a désormais en face un Parlement qui lui sera hostile, et qui lui fera voir des vertes et des pas mûrs. Les députés majoritairement PASTEF pro-Sonko voudront en découdre avec le président de la République. Un Diomaye Faye doté d’un pouvoir présidentialiste très fort, qui n’attend peut-être que ses deux ans pleins pour dissoudre cette Assemblée nationale désormais rebelle, à ses risque et périls, car si avec de nouvelles législatives, il n’est pas majoritaire… il aura joué à qui perd gagne ! Entre Faye et Sonko c’est l’histoire d’un destin de 2 hommes liés par la politique, lequel destin risque de se fracasser sur l’autel des ambitions pour l’un ou l’autre. La seule certitude, c’est que le Sénégal quel que soit le scénario entre dans un maelström très tourbillonnant, et un tangage permanent jusqu’en 2029.
Surtout avec la démission hier soir de l’occupant fu perchoirEl Hadj Malick N’Diaye, apparemment pour être remplacé par un certain Ousmane Sonko. Ça promet !
(1) Film éponyme primé à cette 79e Cannes
Aujourd’hui au Faso


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