La présence des 3 délégations de l’AES et surtout du chef de gouvernement nigérien à cette prestation de serment du successeur de Patrice Talon avait fait dire à beaucoup que cela augurait le début de la fin de la glaciation diplomatique entre les 3 pays. Qui aurait cru que le président Wadagni réserverait l’une des ses premières visites apres le puissant voisin Nigeria au Niger et au Burkina surtout sous huitaine à partir de sa prise de fonction intervenue le 24 mai dernier ?
C’est d’abord la marque concrète de décrispation sous régionale notamment avec le Niger et le Burkina et derechef avec l’AES . Depuis juillet 2023 entre les 3 pays de par la posture de Talon qui avait endossé le costume du père fouettard contre le Niget à l’image de la CEDEAO ( même s’il a fait une inflexion après ) le torchon brûlait entre les axes Cotonou Niamey et ouagadougou .
Abuja – Niamey – Ouaga Wadagni tente de rabibocher des rapports polaires entre l’AES et la Cedeao . Lors de son discours d’investiture Wadagni avait bien souligné qu’il faut rejeter les ponts entre les voisins ,privilégier le dialogue institutionnel et diplomatique au lieu des confrontations verbales . Ni le Bénin ni le Niger et le Burkina n’y gagnent ! La frontière entre le Benin et le ́Niger est fermée à Manlanville et économiquement c’est difficile de part et d’autre des deux frontieres.
Avec le Burkina les relations sont à peine cordiales pour ne pas dire glaciales ! : En fait Wadagni veut réintégrer le Niger grand client dans l’économie du port de Cotonou et le Niger veut aussi ce corridor maritime pour l’approvisionnement plus direct et fluides de ses marchandises . Et c’est pas rien ! Avec le Burkina la lancinante question est la lutte commune contre le terrorisme est un enjeu securitaire important.
Pragmatisme géopoitique et économique exhalent donc de ce séjour de Wadagni à Niamey et ouagadougou . Mais surtout il ait une réalité qui justifie amplement ces visites de courtoisie : la donne sécuritaire . Le Bénin doit impérativement s’allier ( et cela est valable pour tous les pays côtiers du Golf de Guinée ) aux autres voisins en l’occurrence l’AES pour vaincre le terrorisme qui frappe aussi le Bénin et le Togo .
72 h avant cette visite du chef de l’Etat beninois à Niamey et dans la capitale burkinabe, l’ex Dahomey a d’ailleurs été attaqué par des hommes armés laissant sur le carreau 4 militaires béninois tués . : Se rapprocher du sérail géographique pour combattre efficacement la menace sécuritaire par une mutualisation des forces et le partage des renseignements Benin-AES voilà l’autre enjeu de ce séjour nigérien ! Sans pour autant bouder la cedeao dont fait toujours partie le Benin . Wadagni s’approprie un travail de diplomatie therapeutique.
Et aussi il se coule en même temps dans le costume d’un médiateur AES-CEDEAO, le président togolais et autre voisin Faure Gnassingbé a un concurrent potentiel sur ce dossier : Restent des hypothèques que Wadagni doit lever au delà de ces visites opportunes au Niger et Burkina : montrer que ce tournant à 180 degrés , ce tournant copernicien dans les relations avec le Niger et le Burkina ( avec ces visites) lequel s’apparente d’ailleurs à un parricide diplomatique d’un dauphin à son pygmalion politique , que cette posture est sincère et non mâtinée d’arrières pensées sinon de coups foireux !
Le Bénin est soupçonné des deux côtés des rives Niger et kadiogo et partant de l’AES d’être en collusion avec l’impérialisme notamment français pour déstabiliser le Sahel . Et en dépit des dénégations de Cotonou sous Talon , on restait dubitatif sinon méfiant à Niamey et Ouagadougou.
A Wadagni de montrer qu’il n’en est rien ! Ses homologues et freres Abdourahamane Tiani et Ibrahim Traore semblent enclins à lui donner un prejugé favorable. A lui de convaincre . Autant une hirondelle ne fait pas le printemps autant ces visites qui sont à saluer car elles tracent les sillons d’un dégel mais il est loin un séjour présidentiel à une normalisation à la vitesse grand V entre Cotonou et Niamey et Ouagadougou.
Zoungrana Dieudonne


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