Coorganisée par les Etats-Unis d’Amérique, le Mexique et le Canada, la Coupe du monde 2026 ouvre sa succession ce jeudi 11 juin, sur la pelouse de l’emblématique Estadio Azteca de Mexico. D’entrée, l’Afrique sera à l’honneur à travers le match d’ouverture qui opposera l’Afrique du Sud au Mexique. Cette rencontre sera certainement très scrutée avec la jauge à la main, d’autant plus qu’elle permettra aux analystes de situer l’unité de valeur footballistique du football africain, représenté à cette fête mondiale par dix nations.
Autrefois au nombre de 32 privilégiés à goûter aux délices de la magie mondiale, ils seront 48 à cette édition. Le Mondial passe du raout sélectif à la foire aux pieds agiles. Et comme tel, les aspects organisationnels prennent eux-aussi, des proportions parfois surdimensionnées où se greffent des aléas commerciaux, sécuritaires ou sociaux. C’est le cas au Mexique où des manifestants ont profité des projecteurs du Mondial pour revendiquer avec véhémence un mieux-être.
En confiant l’axe principal de l’organisation de la Coupe du monde aux Etats-Unis, il était évident que le monde vivra quelque chose d’extraordinairement particulier. Absolutely ! Pour paraphraser Trump. Mais de là à penser que Donald Trump servira une vinaigrette à son image, très peu d’analystes ont ouvert la brèche. En portant le nombre de pays qualifiés de 32 à 48, la FIFA d’Infantino ambitionnait sans doute d’en faire une fête universelle, capable de transcender les stigmatisations pesantes qui minent un peu plus chaque jour le monde.
Hélas, Donald Trump semble formaté par des considérations qui lui sont propres et qu’il façonne à sa guise. Le meilleur sifflet africain de la dernière Coupe d’Afrique des nations (CAN) Omar Artan en a fait les frais. Arrivé aux Etats Unis dans les conditions requises, l’arbitre somalien a été soumis à un interrogatoire de plusieurs heures, avant d’être refoulé vers son pays. « La très bonne raison », évoqué par l’équipe trump, n’obéit qu’au péché d’être un ressortissant Somalien.
Déjà privé de supporters, les Lions de la Teranga du Sénégal ont subi une fouille minutieuse sur le tarmac de l’aéroport à leur descente d’avion, avant toutes formalités. Les champions d’Afrique espéraient un accueil à la hauteur de la beauté de leur crinière, ils ont été palpés comme de vulgaires tondeurs de pelouse. Que dire de la sélection iranienne (basée à Tijuana au Mexique), bannie dans un premier temps, avant de se voir offrir de courts séjours sous surveillance renforcée sur le sol américain ? Elle a été acceptée mais attention !
Dans ce mondial ou se mêlent politique et business juteux, la FIFA peut se défendre en arguant que seuls les gouvernements hôtes sont aptes à déterminer qui peut oui ou non entrer sur leurs territoires, il n’en demeure pas moins vrai qu’elle aura réussi, par cette accointance coupable avec Donald Trump, à présenter la Coupe du monde la plus censitaire de son histoire. Car c’est peu dire, Infantino ne veut point fâcher le président des USA sinon le cas de l’arbitre somalien aurait pu être résolu par un coup de fil.
Après la performance du Maroc qui a atteint les demi-finales en 2022 au Qatar, les Africains espèrent légitimement une progression significative cette année. Considéré comme le porte flambeau du football africain, les Lions de l’Atlas qui revendiquent la couronne africaine vont certainement sortir les tripes pour faire valoir leur droit au trône. Les Sénégalais seront dans la même dynamique et le même état d’esprit : prouver que les véritables lions ne sont autre que ceux de la Teranga.
Bien qu’en régression ces dernières années, les Pharaons d’Egypte restent capables d’un exploit retentissant, au même titre que l’Algérie. La Tunisie, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Cap-Vert, la RD Congo et l’Afrique du Sud ne semblent pas en mesure de bousculer la hiérarchie au-delà des quarts de finale. Sauf que, dans cette coupe du monde dressée à l’effigie du Léviathan Trump, tout est possible. Le monde du football attend Messi, Sadio Mané, Ronaldo, Mohamed Salah, Neymar, Ousmane Dembélé… entre guerre et football, il risque d’avoir droit à une guest star nommée Donald Trump !
Hamed JUNIOR


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