L’affiche Maroc – Brésil était très attendue par le public féru de football. Entre le favori naturel de la compétions et le favori incontestable du continent Africain, le choc a tenu toutes promesses. Les Lions de l’Atlas ont confirmé leur classe mondiale !
Après une entrée en matière presque ratée de l’Afrique du Sud, ce fut au tour des Lions de l’Atlas de lever le rideau sur les ambitions africaines à ce Mondial. Face au géant Brésil, le Maroc a développé un football de haut niveau. Maitre de la Samba sur la pelouse, les Lions descendus de l’Atlas, tactiquement disciplinés et techniquement à la hauteur de l’emploi, ont neutralisé Vinicius Junior et sa bande.
Demi-finaliste lors de la dernière édition disputée au Qatar, le Maroc s’était déjà propulsé comme une équipe en devenir, blottie dans l’antichambre de la performance mondiale. Son ascension à la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), n’avait fait que renforcer davantage ce sentiment. Ce nul de 1 but partout réussi contre le Brésil vient relever que ce Maroc, fortement renforcé par ses binationaux, est désormais un client sérieux au sacre.
Sur la pelouse de sa première sortie à ce Mondial, le Brésil a cafouillé son élégant récital habituel. C’est qu’à la vérité, il est tombé sur une équipe du Maroc, arrivée aux Etats-Unis, avec la volonté farouche de prouver sa valeur sur l’échiquier mondial. Au cours de cette rencontre, les sujets de sa Majesté M6 ont dominé le débat et auraient pu, avec un peu plus de baraka, s’attribuer le gain du match. Le génie éclaire de Vinicius, auteur d’un régal égalisateur, n’a pas élucider les capacités voraces des Lions, promis à un parcours de toute beauté.
Présent aussi bien chez les jeunes, que les dames et les seniors, le football marocain est en plein épanouissement. Si cette performance résulte de l’engagement de la plus haute sphère dirigeante du royaume Chérifien avec la création de l’académie Mohammed VI de football, inauguré en 2009, il convient de saluer la politique adéquate développée en faveur des binationaux, désormais enclin à l’appel de la Nation au détriment des chimères sirènes du droit du sol, qu’on leur présente souvent comme une chance aux valeurs inquantifiables.
Hakimi, Riad, nés en Espagne, Ayyoub Bouaddi, Samir, Issa Diop nés en France, Talbi, Bilal El Khannouss né en Belgique, Bounou né au Canada… face au Brésil, c’est pratiquement une équipe du Maroc constituée de joueurs nés hors du royaume qui s’est exprimée, valorisant ainsi sa conviction patriotique. Que demander de plus aux filles et aux fils d’une nation, si ce n’est de cultiver le patriotisme dans leurs cœurs, quel que soit les aléas du destin !
Au moment où nous traçons ces lignes, deux autres nations africaines s’apprêtent à faire leurs entrées dans la compétition. Il s’agit de la Côte d’Ivoire qui va en découdre avec l’Equateur et la Tunisie qui se mesurera à la Suède. Si le match Tunisie – Suède reste illisible avant le terme des 90 minutes, la rencontre Côte d’Ivoire – Équateur devrait, sauf grosse surprise, sourire aux Éléphants, mieux outillés à ce niveau que leur adversaire du jour.
Le match le plus attendu dans la sous région ouest-africaine est incontestablement celle qui va opposer la France au Sénégal mardi prochain, sous le coup de 19 heures. En raison des liens sociaux historiques, les Bleus ne manqueront certes pas de soutien sur le continent, mais il reste inéluctable que l’image du vénéré maître devenu encombrant dans plusieurs contrées, ne sera pas épargnée dans les incantations mystiques. D’ailleurs, pour beaucoup de petits fils gaulois, la victoire du Sénégal (1 à 0) en 2002 devant la France n’avait pas échappé à cette emprise empirique. C’est dire que ce sont des Bleus hantés qui attendent avec anxiété le dénouement de cette rencontre entre «frères» de continents différents. En tous les cas, l’occasion est toute trouvée pour sonner le cor de la revanche. Ce n’est qu’un match de football de 90 minutes, mais un triomphe au bout, vaudra son pesant d’or.
Hamed JUNIOR


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