USA – AES:   Face au dégagisme occidental (français  en particulier)  l’Amérique  joue à la realpolitik

USA – AES:  Face au dégagisme occidental (français  en particulier)  l’Amérique  joue à la realpolitik

En célébrant les 250 ans des Etats Unis sous la forme XXL, sous le format ad hominem, Donald Trump fait dire que sa réputation de savoir saisir les opportunités, héritage du monde des affaires (de l’immobilier), Trump signifie que cette réputation n’est pas exagérée. En commençant à revisiter Le Livre noir du communisme, en s’épanchant sur ce fameux Freedom, l’ADN des USA, tout en pensant aux élections des mi-term, et pour banaliser les obsèques d’Ali Khameni à Téhéran, Trump ramène tout à Washington et à lui. Les idéaux des pères fondateurs de 1776, sont toujours prégnants sauf que le locataire de la Maison blanche a tiré la couverture sur lui à ce 250e anniversaire. Que dire des relations entre l’Amérique et le Sahel, plus précisément avec l’AES ? Mus par un pragmatisme congénital, les USA ont mis sous éteignoir le sacro-saint principe de l’incompatibilité de leur coopération avec des pouvoirs non issus des urnes et de la constitution. Certes, ils ont coupé le MCA au Burkina Faso après le coup d’Etat de 2022 de Damiba, mais on l’aura constaté, les USA n’ont jamais rompu les amarres avec l’AES. Au Niger, après le départ contraint des Boys de la Base 201 d’Agadez le 5 août 2024 les USA ont longtemps réfléchi avant de se plier au réalisme politique.

–             L’ambassadeur Kathleen Fitz Gibbon a œuvré pour le maintien du dialogue avec le pouvoir militaire du Général Tiani et a recentré l’aide sur l’économie et le sanitaire. Elle a également négocié avant son départ en janvier 2026, de nouvelles formes de partenariat en osmose avec les politiques publiques du nouveau régime. Au bord du Potomac, l’ambassadeur du Niger la veuve de l’ex-président Ibrahim Baré Mainassara tisse aussi ce partenariat nouveau.

–             Idem au Mali où Rachna Korhonen a reconnu la souveraineté du Mali dans ses choix politiques, économiques et sécuritaires, avec comme ADN de cette diplomatie : « la convergence de vues ».

Au Burkina Faso, ce 26 juin 2026, à la célébration en avance du 250e anniversaire des USA, le ministre des Affaires étrangères Karamoko Jean-Marie Traoré, s’est dit satisfait que les USA acceptent les choix souverainistes du pays des Hommes intègres. Faisant d’ailleurs échos aux mots de l’ambassadeur Joann Lockard qui a salué 66 ans de coopération active. On peut donc dire qu’au Burkina-Mali-Niger, après avoir analysé et jaugé des valeurs toquevilliennes et des gentlemen de Philadelphie, les USA ont décidé de rester coller à la realpolitik. Tenaillés entre des principes cardinaux collés au fronton de la plus vieille démocratie, ils n’ont pas voulu faire de l’AES, un espace-paria. Pratico-pratiques, les USA face au dégagisme occidental en particulier français avec désengagement des opérations militaires et la fin des Accords de défense, les USA sont restés et poursuivent une coopération acceptée et appréciée par l’AES. Il est légitime que ce « nous pas bougé » américain est aussi expliqué ou légitimé par une rude concurrence avec la Russie et surtout la Chine. Ainsi va la géopolitique de toute façon.

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