Algérie-Mali, après 15 mois de brouille : Un brin de détente avant la normalisation

Algérie-Mali, après 15 mois de brouille : Un brin de détente avant la normalisation

 

 

Retour des ambassadeurs respectifs du Mali et de l’Algérie dans les 2 capitales, après des rappels aussi tonitruants que chahutés, interdiction par le Mali du survol de son territoire aérien des vols d’avions algériens… depuis juillet 2024, date de la bataille de Tinzaouatène et surtout après la destruction d’un drone malien à la frontière entre les 2 pays, c’était dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025, les relations entre Alger et Bamako étaient devenues glaciales malgré le grand désert très chaud qui borde leur frontière.

 

Comment lire cette réouverture des espaces aériens malien et algérien, le retour concomitant des ambassadeurs à l’aune d’une géopolitique sous régionale où le disputent méfiance et prudence ?

 

– D’abord, cela signifie que l’histoire du drone abattu s’est tassée et on essaie d’oublier pour avancer.

 

– La problématique des opposants et des rebelles mêmes, sans avoir été déflorée dans cette reprise sera surement discutée. Tel que le cas de l’imam Mahmoud Dicko, pour qu’à minima soit établie un non-ingérence de ceux-ci dans la dynamique malienne.

 

– Peut-on encore ressusciter l’Accord d’Alger ? Peu probable. Cet Accord de paix signé en 2015, qui fut disons-le poussif durant des années a disparu, et sauf à en trouver un autre est désuet.

 

– La question du Sahara occidental sera également au cœur de cette détente diplomatique, car s’il y a un dossier qui fâche et c’est un euphémisme, l’Algérie c’est bien le cas du Front Polisario. Cette sorte de on « essaie d’effacer pour rebondir » n’aplanit donc pas les divergences, surtout celles du fond. C’est une paix des braves, un dégel entre deux voisins que la géographie (et même un peu l’histoire) condamnent à vivre ensemble avec 1300 kilomètres de frontière!

 

– Le pragmatisme a prévalu  grâce dit-ont aux bons offices de la Russie, des présidents Denis Sassou N’guesso et Faure Gnassingbé du Togo. Bravo à ces faisseurs de paix, aux deux autres membres de cette Confédération. Mais il reste à affiner de nombreuses équations épineuses au long cours. Entre le Mali et le puissant voisin algérien, les peuples, la géopolitique et la question sécuritaire contraignent à ces inflexions diplomatiques pour le bon voisinage et le règlement de problèmes impossibles en solitaire. Reste donc à déployer ce qui suivra car le Mali membre de l’AES a opté pour cette posture commune aux 2 autres membres cette Confédération. Comment certaines questions seront gérées avec par ricochet l’AES ? C’est dire que ce réchauffement n’est qu’une prémice d’un chemin qui sera un peu long avec une normalisation totale.

 

 

 

Aujourd’hui au Faso

COMMENTAIRES

WORDPRESS: 0
Aujourd'hui au Faso

GRATUIT
VOIR