Le deuxième tableau de la demi-finale de la coupe du monde s’est joué hier mercredi 15 juillet, entre l’Argentine et l’Angleterre. L’opposition entre ces grandes nations marque toujours l’histoire du football et ravive les tensions politiques. Ce fut encore le cas lors de cette demi-finale où on a joué pour la victoire, mais aussi pour l’identité politique.
En 1986, les annales du football ont retenu la main de Dieu, la roublardise œuvre du génie d’alors, Maradona. C’était en quart de finale, face à l’Angleterre. Quatre années plus tard, devant la même nation, Maradona va encore récidiver, mais cette fois-ci, dans un talent de pure dribbleur venu d’une autre galaxie. L’argentin, dans un slalome mémorable, avait planté le but du siècle. De toute évidence, tous cela n’était pas pour apaiser les tensions politiques qui alimentent les rapports de ces deux pays à propos des Malouines, cet archipel réclamé par l’Argentine, alors que l’Angleterre le considère comme sa propriété.
Au nombre de matchs remportés, l’Angleterre est bien au-dessus avec 6 victoires contre 3 pour l’Argentine en 14 confrontations. Pour cette demi-finale, l’objectif primordial était, aussi bien pour l’un comme pour l’autre, de valider le ticket, mais non sans avoir à l’esprit que l’adversaire en face n’est pas là pour tisser de bonnes relations. Il suffit d’ailleurs d’écouter les chants des supporters argentins, pour se convaincre que l’hostilité n’est ni voilée, ni dissimulée. » Je suis Argentin du berceau à la tombe. Pour les Malouines, pour Maradona et pour la dernière de Léo Messi » Et quand cette chanson est reprise par les joueurs, ont comprend que l’enjeu va au-delà du temps réglementaire d’un match de football.
Dès le coup d’envoi de la rencontre, c’est sans salamaleck que les 22 acteurs sont entrés de plein pied dans la virilité. Une demi-finale de « football anglais », livrée par deux équipes qui s’étaient préparées psychologiquement à donner les coups, autant qu’ils en recevront.
Dans ce match d’hommes, on a assisté à un enchaînement de duels à tous les niveaux, sans véritable éclairci à même de régaler les spectateurs. Néanmoins, l’Angleterre réussira quelques velléités offensives en première période. Pareil pour l.Albiveleste qui va attaquer la deuxième période avec l’envie de faire trembler les filets adverses.
La fatigue aidant, l’impact physique a petit à petit fait place au jeu, même si dans l’ensemble les contacts restent par moment rugueux. Ce relatif relâchement va créer des ouvertures que l’Angleterre ne va pas manquer d’exploiter. Sur un centre bien dosé, le virevoltant attaquant Gordon va, dans un bon timing, placer le pied droit victorieux. Angleterre 1, Argentine 0.
L’ouverture du score va encore décanter le jeu. La partie devient beaucoup plus tactique. Les Argentins qui n’ont plus rien à perdre vont pratiquement monopoliser le ballon et se lancer à l’assaut de la cage anglaise. Malheureusement, ils vont butter sur une défense solide et surtout un gardien en état de grâce. Mais en refusant le jeu, l’Angleterre a permis à l’Argentine de confisquer le ballon, oubliant que cette sélection compte des sujets qui savent se servir de la boule de cuire avec dextérité. Et comme il fallait s’y attendre, Fernandez s’est chargé de rétablir la parité sur un bolide imparable.
Les Three Lions pensaient avoir fait le plus dur. Tout est à refaire. Pire, un centre millimétré de Messi sur la tête de Martinez va crucifier les Anglais. 2 buts à 1. Les Three Lions ont relevé le défi physique et ont sombré dans le duel tactique.
Pour sa dernière sous les couleurs de l’Albicéleste, Lionel Messi ira jusqu’au bout de l’aventure, avec la ferme volonté d’offrir une 4e étoile à son pays. Ce rêve peut bien aller au-delà, car, il n’est pas exclu qu’un 9e ballon d’or vienne couronner l’ensemble de ses œuvres américaines.
Hamed JUNIOR


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