Les signataires du Traité de Rome se rétrécissent ces derniers mois. D’abord 3 départs : ceux du Mali, du Niger et du Burkina, regroupés dans la Confédération de l’AES, puis le Venezuela en Amérique Latine et cette semaine, le Tchad.
Évidemment, il y a une pléthore de griefs qu’on reproche à la CPI, dont d’abord la principale est la poursuite des « peaux noires ». Un procès intenté contre une justice supranationale laquelle, il est vrai pendant longtemps, n’a porté que des œillères rivées sur l’Afrique. D’où le départ des pays de l’AES fait entre le 18 et le 24 juin 2026, pour « instrument de répression néocoloniale ». Ensuite, le largage de ces amarres par l’AES procède aussi d’une volonté de changer la pratique judiciaire en privilégiant des mécanismes africains. À savoir des juridictions africaines jugent les Africains !
On peut citer les cours ad hoc de Dakar qui ont jugé Hissène Habré, et l’idée véhiculée par les démissionnaires, notamment de l’AES, est qu’il faut désormais une justice endogène ancrée sur les us et coutumes du continent. Quant au retrait du Tchad, les raisons invoquées rejoignent l’accusation de partialité de la CPI, mais d’aucuns y voient aussi une influence des USA, même si le pays de Toumaï s’en défend.
Dans tous les cas, il s’agit d’une volonté de souveraineté affirmée, même si d’aucuns y voient une soustraction à la justice universelle.
La CPI à vrai dire, outre ces départs qu’applaudissent les USA, la CPI a des problèmes, car plusieurs de ses magistrats ont vu leurs avoirs gelés, pour avoir eu l’outrecuidance d’inculper le Premier ministre Israélien Benjamin Netanyahu ! Aussi, les juges Reine Alapini-Gansou (Bénin), Nicolas Guillou (France), Solomy Balungi Bossa (Ouganda), Beti Hohler (Slovénie), Kimberly Prost (Canada), Erdenebalsuren Damdin (Mongolie)… sont frappés par un ukase des USA, ce que le juge Guillou qualifie de « peine de mort financière ». Et comme si cela ne suffisait pas, le procureur de la CPI, Karim Khan a été destitué ce 24 juillet 2026 par les États membres de la CPI, un Khan visé par des accusations d’inconduite sexuelle. La Thémis planétaire est décidément dans l’œil du cyclone. Et il faudra bien qu’elle change quelque chose dans sa manière de faire surtout sur le continent.
Aujourd’hui au Faso


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