CEDEAO-AES : Un funambuliste nommé Diomaye Faye à Bamako

CEDEAO-AES : Un funambuliste nommé Diomaye Faye à Bamako

En embrayant au quart de tour sitôt ses habits de président en exercice de la CEDEAO portés, Bassirou Diomaye Faye entame son baptême de feu en matière de crédibilité personnelle et celle de l’institution sous régionale, d’urgences sécuritaires et économiques. Réduite à 12 membres après le départ du Mali-Burkina-Niger, la CEDEAO est depuis des mois dans une posture d’apaisement, pour ne pas dire de rétropédalage en tout cas dans son narratif sur l’AES.

 

Le chef de l’Etat sénégalais à la tête de la CEDEAO depuis le sommet de Freetown le 19 juillet 2026, est désormais médiateur malgré lui et devrait à Bamako avoir essayé de trouver les points d’accord mais aussi ce qu’on pourrait activer en matière de leviers sur les sujets qui fâchent comme le retour de l’AES dans la CEDEAO, la naissance prochaine de l’ECO et l’avenir du CFA…

La problématique sécuritaire à la frontière commune Mali-Sénégal-Mauritanie a été aussi au cœur de l’aparté Diomaye Faye-Assimi Goïta.

Ça tombe bien, c’est un Sénégalais qui est à la tête de la Commission de la CEDEAO, qui plus un militaire le général Birame Diop, qui a remplacé Oumar Touray.

A la vérité, la CEDEAO n’a jamais désespéré de ramener l’AES en son sein, même si cette volonté s’étiole chaque jour, mais elle sait qu’une coexistence avec les 3 pays est possible. Et l’AES semble également disposée, à ce modus vivendi pour peu qu’on ne touche pas ses principes et règles matriciels ! D’où la multiplication des Go between, car si Diomaye Faye, en tant que président de la CEDEAO est de fait le médiateur attitré pour parler à l’AES, l’organisation a multiplié les envoyés spéciaux officiels ou tacites tels le président togolais Faure Gnassingbé, Lassana Kouyaté ex Premier ministre de Guinée.

Booster la coopération bilatérale entre le Sénégal et le Mali, rien que le corridor maritime de Dakar dont le principal client est le Mali suffit à justifier ce réchauffement de l’axe Bamako-Dakar si tant est qu’il y a eu un coup de froid, contenir et éradiquer le terrorisme est aussi autre raison de ce déplacement au Mali.

Qu’on l’appelle pont jeté entre la CEDEAO et l’AES, réconciliation Sahel-CEDEAO ou souveraineté en partage, le bref séjour de Bassirou Diomaye Diomaye Faye au Mali où on l’a qualifié de « visite de travail » est à inscrire dans les annales de la coopération réaliste, qui épouse la géopolitique du moment.

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