Que ce soit au Dahomey d’antan, en Côte d’Ivoire, dans l’ex Haute Volta par les voix de Hubert Maga, de Félix Houphouët Boigny ou Maurice Yaméogo, la proclamation des indépendances dans ces ex colonies françaises ont donné lieu à des jubilations, des réjouissances et en l’espoir de lendemains meilleurs. On était en 1960 et en cette première semaine de ce mois d’août, cette indépendance a été octroyée à ces pré carrés de l’époque. Seule la rebelle-Guinée a eu le toupet par son président Ahmed Sékou Touré de dire « Non » à un autre homme-du-Non (1) le général Charles De Gaulle.
La fiction campée par Ahmadou Kourouma dans le livre éponyme qui montre la désillusion produite par ces indépendances délivrées à tire-larigot et à la queue leu leu (première semaine d’août)en ce qui concerne l’ex Haute Volta, l’ex Dahomey et la Coôte d’Ivoire, cette désillusion ne s’est pas totalement dissipée 66 ans après, ce qui avait fait dire à un aîné et confrère Jean-Baptiste Placca au sujet des célébrations de ces indépendances : « Et s’il n’y avait au fond rien à célébrer », tant le vide sidéral est prégnant ! C’est sur ce registre qu’il faut légitimer le 4-Août 1983, date à partir de laquelle Thomas Sankara avait décidé de tracer un autre chemin pour le Burkina Faso. Une voie semée d’embuches, de chausse-trappes. En mettant l’ex Haute-Volta sur orbite (changement de nom), en proclamant de vivre en Burkinabè, en Africain. Il avait ébauché les linéaments d’une nouvelle société, qui était un mauvais exemple pour l’ex métropole, la France. 4 années durant, il a essayé d’emprunter cette route escarpée, mais prometteuse pour le peuple burkinabè. A 43 de distance, le capitaine Ibrahim Traoré essaie de poursuivre cette rupture systémique et une refondation de l’Etat en brulant certaines scories postcoloniales. Le souverainiste a crin prôné par IB est la recherche d’une « seconde indépendance » faite de partenariats multiples et même d’une césure diplomatique avec la France intervenue le 26 juin 2026. Haro sur la condescendance néocoloniale et réhabilitation de repères sankaristes par des discours sur la probité et l’endogénéité. Et sur le « compter sur soi-même » !
On peut à juste titre dire qu’il tente d’endosser la figure du héraut d’une transcendance nécessaire et difficile. Car, cette Révolution Progressiste et Populaire (RPP) qu’il cornaque se déroule dans un Burkina confronté à une guerre qu’on lui a imposée : le terrorisme. La bataille contre ce terrorisme est impérative et doit être gagnée. Car, c’est une guerre existentielle, qui transcende les clivages partisans et ethniques. Et même que cette transcendance déborde le spectre burkinabè, car avec l’AES, elle est géopolitique.
Les soleils des indépendances ont brillé quelques temps, mais se sont vite éclipsés sous des nuages de réalités africaines créant de part et d’autre des confettis d’Etat toujours à la merci d’ex métropole mère. Avec des situations politiques et économiques disparates au Sahel et au Sahara. La RPP burkinabè d’IB se veut une réponse à des aspirations d’une jeunesse, ras-le-bolisée par des pratiques inopérantes. Et tout le mal qu’on peut souhaiter à nous Burkinabè (dont certaines actions inspirent d’autres contées) est de réussir. l
(1) Sékou Touré a dit « Non » à De Gaulle le 25 août 1958 lequel avait dit « Non » à l’invasion des hordes hitlériennes le 18 juin 1940
Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana


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