Patrice Talon élu President du SENAT au Benin : L’ex-chef de l’Etat joue les prolongations en soft power

Patrice Talon élu President du SENAT au Benin : L’ex-chef de l’Etat joue les prolongations en soft power

Les sénateurs Béninois  au nombre de 25   ont été installés le 30 juillet dernier. Et on aurait tort de croire que chacun de cette vingtaine de membres de la chambre basse peut être élu président de l’institution ! que nenni ! l’article 113-5 de la constitution béninoise stipule bien que le Bureau est constitué d’un président, d’un vice-président et d’un rapporteur, dont le mandat est d’un quinquennat.

Cependant la présidente et la vice-présidence sont exclusivement réservés aux membres de choix de l’institution, ce qui tamise les postulants à 11 personnalités.  Qui de ce cénacle fermé formé des « ex » (présidents) Nicéphore Dieudonné Soglo, Boni Yayi et Patrice Talon, des anciens présidents de l’Assemblée nationale Adrien Hoingbedji, Bruno Amoussou, Mathurin Coffi Nago, Antoine Kolawolé Idji, Louis Vlavorou, et des ci-devant présidents de la Cour constitutionnelle Elisabeth Pognon Theodore Holo et Robert Dossou, qui de ces anciens responsables politiques et administratives tiendra le maillet du nouveau sénat ?

 

C’est la question qui trottait dans les esprits des Béninois jusqu’à ce 6 aout 2026 .Même si certains estimaient que 1 ou 2 de ce  cercle tenaient réellement le bout de la ficelle. A savoir Talon et Yayi Boni

 

In fine  ce qui se sussurait ou du moins ce qu’on donnait pour acquis s’est réalisé ,c’est donc Patrice Talon, l’ancien président qui a cédé son pouvoir à son Dauphin désigné Romuald Wadagni, qui a été élu, un Talon qui est du reste à l’origine de la création de ce sénat, qui hérite du fauteuil de sa présidence, et de la tâche « redoutable » qui sera la sienne pour reprendre les mots d’Elisabeth Pognon le 30 juillet dernier. Talon ceint donc l’ écharpe de président du Sénat  d’autant qu’il était le seul candidat et qu’il a été elu à l’unanimité à huis-clos des 24 voix ,secondé par Louis Vlavonou ex président de l’Assemblée nationale .

Que fera Talon de ce poste pas taillé pour lui, mais qui ne lui échoit pas par hasard ?

 

Levons un quiproquo ou un amalgame: Le sénat ne peut pas voter une motion de déchéance contre le chef de l’Etat, autant dire  qu’il n’a pas la possibilité  d’impeachment à l’égard de Wadagni. Car on opinait  déjà que Talon aurait mis en place cette chambre, pour « contrôler » son dauphin de président au cas où ! faux, seule l’Assemblée nationale peut « défier » le chef de l’Etat, le sénat retoque les lois envoyées par l’hémicycle, mais n’a aucun pouvoir constitutionnel de brandir une motion de défiance envers le président de la république.

 

Ceci dit , le président du sénat, s’il s’appelle Patrice Talon aura l’oreille attentive du chef de l’Etat voire plus car il y’a plus qu’affinités entre eux. C’est une forme de soft pouvoir que possédera Talon qui quitte le palais de la Marina, mais demeurera influent, et pas seulement en tant conseiller occulte ou visiteur du soir de Wadagni, mais légalement par le sénat.

Ce grand come-back de Talon en politique peut-etre vu sous le prisme de rester dans l’arène politique et suivre ses « chantiers » laissés en rade avant de quitter la présidence . et prouver qu’il n’est pas encore un has been à ranger aux oubliettes . Sans doute ses rapports avec le locataire du palais de la Marina seront auscultés avec minutie, car Talon est parti sans partir car il devient de par sa volonté, le 3e personnage de l’Etat de facon protocolaire . Ce n’est pas rien . l

 

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana

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