111 arrestations après la tragédie de Ceuta:  Reddition des comptes au Maroc mêlée de mea culpa ?

111 arrestations après la tragédie de Ceuta: Reddition des comptes au Maroc mêlée de mea culpa ?

Dix jours après l’arrivée de 72 000 Marocains à Ceuta, provoquée par une gigantesque désinformation via les réseaux sociaux et surtout par la loi espagnole stipulant qu’on ne saurait arrêter un migrant qui a touché le sol, mais seulement en mer, le Maroc a décidé de frapper fort en arrêtant 111 personnes : passeurs et instigateurs de l’intrusion sur cette île -mouroir pour migrants. On parle de 141 décès selon les ONG et 72 selon le gouvernement lors de ces derniers événements gravissimes.

Qui est responsable ou coupable du drame de Ceuta ? Le Maroc, en décidant de laver son linge sale en famille, donne l’exemple et essaie de ne pas trop être en déphasage avec le voisin espagnol, avec lequel il va tout de même co -organiser la Coupe du Monde 2030. Réponse sécuritaire, certes, mais volonté du royaume chérifien de montrer des gages de bonne foi accusé qu’il est dans ce cas d’espèce d’avoir laissé ses citoyens passer la frontière, tout comme la posture espagnole qui a déployé l’armée et une barrière flottante de 500 mètres ,mais dont la loi y relative est sujette à caution . Mais le Maroc veut aussi crever l’abcès et essayer de résoudre — peut-être pas une bonne fois pour toutes — les récurrents drames de Ceuta, où à chaque occasion des migrants venus d’ailleurs envahissent cette enclave dont les habitants ne savent plus à quel saint se vouer.

Alors, cette opération coup de poing consécutive à la tragédie de Ceuta de fin juillet suffira-t-elle à résoudre un problème récurrent qui pose une question juridique et géopolitique ? Pas si sûr, parce qu’il faudra d’abord que l’Europe harmonise sa politique migratoire. On sait par exemple qu’un pays comme l’Italie est aujourd’hui arc-bouté sur la fermeture des frontières, la levée des herses et le refoulement sans ménagement des migrants  L’Espagne, par contre, vient de régulariser des milliers de sans-papiers. L’espace Schengen est aujourd’hui divisé entre ceux qui veulent une politique commune et ceux qui prônent la méthode forte du refoulement.

Mais les Africains doivent aussi se regarder dans le miroir. Oui, il y a le Maroc, mais au-delà, il y a les pays sahéliens dont les enfants périssent dans les eaux de l’océan  ou  en traversant des fournaises désertiques appâtés par des passeurs sans cœurs. Ces jeunes  qui  veulent rejoindre ce pays de cocagne qu’est l’Europe déchantent toujours pour les plus chanceux ou meurent au milieu des eaux.  Il faut que les dirigeants africains — on n’aura de cesse de le répéter — essaient de fixer cette jeunesse  au pays en leur donnant du travail, en favorisant l’entrepreneuriat, en les rassurant et en créant des conditions pour qu’ils puissent rester chez eux au lieu de répéter, comme le disaient il y a plus d’une vingtaine d’années les jeunes  Sénégalais : « Barça ou Barsakh », c’est-à-dire Barcelone ou la mort.!

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