Des lunettes d’un ministre perdues et quatre journalistes accusés de ce vol appréhendés et emprisonnés. C’est un fait divers au Cameroun, mais comme il a trait à un homme puissant, en l’occurrence le ministre de l’Économie et des Finances et quatre journalistes, cette pipolisation prend un relief particulier. Pourquoi des journalistes voleraient-ils les lunettes d’un ministre de la République ? En tout cas, à Yaoundé où a eu lieu ce prétendu vol, ces quatre journalistes dont une femme ont fait entre huit et cinq jours d’emprisonnement et puis comme par enchantement, le grand argentier a retrouvé sa paire de lunettes dans son véhicule, les confreres ont été liberés mais le mal était déjà fait.
Chiffonnée aux entournures et en colère, on ne le serait à moins, la corporation est vent debout contre cette » atteinte gratuite à l’honneur de chefs de famille » et l’opprobre jeté à la profession. D’autant que cet emprisonnement n’a rien à voir avec le travail des médias, mais un banal vol qui plus est n’est même pas avéré puisque le dit ministre a retrouvé ses paires de lunettes. Réparation pour atteinte à l’honneur et check up médical pour lesdits journalistes qui étaient dans des conditions exécrables en prison exige le syndicat des medias .
Mais bémol à cette interpellation et à cet emprisonnement, même si comparaison n’est pas raison, eux ont eu la chance car ça fait déjà trois ans que Martinez Zogo, l’autre confrère de la radio Amplitude FM a été retrouvé mort et son procès qui se déroule actuellement dévoile au fil des minutes du jugement , un crime aux ramifications diverses, pour ne pas dire plus. Martinez Zogo passait sous moulinette certaines grandes personnalités du Cameroun dans son émission Embouteillages .
Lunettesgate au Cameroun qui a envahi la toile n’en demeure pas moins un indicateur : Les journalistes côtoient les puissants de ce monde, mais risquent à tout moment d’être pris à partie pour un problème mineur ou un cas gravissime. Politiques et journalistes sont un couple où le divorce est rare, même en cas de séparation de pouvoir. Mais ce lunettesgate souligne qu’au Cameroun le métier de journaliste affleure bon le dos large, car il faut être prêt à encaisser les désidératas des puissants.
Aujourd’hui au Faso,


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