Les troupes fédérales ont repris Mékélé : Mais rien n’est réglé dans le Tigré

Les troupes fédérales ont repris Mékélé : Mais rien n’est réglé dans le Tigré

 

En ce 3 octobre 2026, alors que les troupes fédérales éthiopiennes entraient dans Mékélé, celles des rebelles du TPLF prenaient le sens contraire, ou exactement vers l’Érythrée. Fuite ou repli tactique, selon qu’on se trouve de part et d’autre de la ligne de front ? La reprise de la capitale du nord de cette région, deux semaines après que les rebelles du TPLF aient pris l’aéroport international Alula Aba Negga, marque un tournant important dans cette reprise des hostilités qui n’ont jamais véritablement cessé. C’est donc la guerre entre les troupes rebelles et les fédérés éthiopiennes, 4 ans après une amnistie fragile signée à Pretoria. Les vieux démons se sont réveillés donc dans cette Corne de l’Afrique, dont les accalmies sont inversement proportionnelles aux velléités guerrières et aux tensions entre les pays. En effet, cet accord de la capitale sud-africaine était une pommade sur une plaie béante qui s’appelle régions litigieuses de Raya et Tslemti, mais aussi la problématique économique et celle du partage du pouvoir central.

Le choix de Abiy Ahmed comme Premier ministre  a provoqué une grosse hémorragie au TPLF, dont plusieurs mouvements ont rejoint le parti La Tigraay Peace Force. La reprise des hostilités entre le pouvoir fédéral et le TPLF n’est pas finie malgré donc le retour des fédéraux à Mékélé, d’autant que les rebelles ont prouvé qu’ils pouvaient frapper au cœur du pouvoir par des attaques de drones explosives à Addis Abeba.

Dans une région où les conscriptions sont la règle, notamment en Érythrée, où l’article «Demain vous serez soldat «publié dans Le Monde du  12 septembre 2008, cet article n’a jamais trouvé autant de réalité dans ces contrées où la guerre fait partie du quotidien non seulement chez Abiy Ahmed, mais surtout  chez le voisin  Erythréen Afwerki  même en temps de paix relative, dans cette région donc la seule option est souvent la guerre. Depuis ce 23 septembre 2026, le TPLF rappelle au mauvais souvenir son apport déterminant dans la chute du Négus rouge en 1991, mais qu’il a co-gouverné l’Éthiopie en donnant une large autonomie aux régions et aux communautés. Alors se retrouver coincé dans Mekele, c’est une injustice que le PPLF veut réparer. La volonté de Abiy Ahmed d’unifier le pays s’est heurté au refus des rebelles  lesquels rebelles ont été saignés par des départs vers le gouvernement . Toutes choses qui montrent les limites de l’Accord de paix de Pretoria de 2022 après la première grande escarmouche. C’était une paix nommée arlésienne. Il faudra que les voisins, Soudan, Égypte et Érythrée en particulier, assistent ce voisin pour trouver une solution à ce brûlot. Sans quoi mêlée à la guerre au Soudan une déflagration de la région pourrait être une certitude. UNE

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