Comme si l’Assemblée nationale avait donné le coup de gong par son rejet de la Loi de finances rectificative 2026, le FSDT et le G7 enseignants vont gréver 72 heures à partir de ce 21 octobre 2026. Cette collision du timing est tout sauf anodine .
Les 13 syndicats du FSDT agissent à une période de crise économique, politique et même financière et surtout à l’heure d’un événement auquel le pouvoir attache du prix, les JOJ de Dakar 2026 qui sont à J-10.
Dette abyssale ,Accord avec le FMI de 2,2 milliards de dollars certes mais corrélé à des conditionnalités budgétaires drastiques et surtout non-application du Pacte national de stabilité sociale tels la revalorisation des pensions, le recul de la retraite à 65 ans, le paiement des primes et la généralisation de l’indemnité de logement à 100 000 FCFA. L’État avance le taux de 42 % d’exécution de ce Pacte tandis que les travailleurs parlent de promesses et non d’actes concrets. Voici là, les motifs fondamentaux de cette grève.
Qu’en est-il des autres revendications discutables pour la justifier ? D’abord, la fin de non-recevoir du moratoire de 3 mois sollicité par le Premier ministre Al Aminou Lô et du ministre de la Fonction publique, Mamadou Lamine Dianté sonne comme un désir farouche de bras de fer. Même s’il est vrai que les grévistes sont tenaillés par des besoins quotidiens pressants. Il y a aussi comme une envie de tempête de paralyser les JOJ par un minimum syndical à la SUTELEC par exemple le secteur de l’énergie.
En vérité, c’est une grève hautement stratégique avec comme « objet de chantage » ou pour faire syndicalisme « pouvoir de négociation » l’événement olympique mondial qui se déroule la première fois en Afrique.
Que les syndicats dénoncent ce qu’ils appellent orgie de moyens (6000 volontaires, campagne de communication coûteuse avec le Doundel JOJ), on n’aurait rien trouvé à redire. Mais menacer de prendre les JOJ 2026 en otage, c’est mettre un agenda social très chaud au cœur de ce raout sportif.
Au fait, le spectre de cette grève déborde le social et le sectoriel et montre qu’il y a une ligne de fracture manifeste entre le social et le sportif tout en rapellant l’existence d’une crise entre l’Exécutif et le Législatif dans la résolution des differends nationaux . Espérons que le Sénégal qui a toujours su transcender ses divergences dont l’onde de choc sous certains cieux ferait vaciller la République, espérons que le pays de la Teranga retombera sur ses deux pieds en faisant descendre le mercure social et sauver les JOJ 2026.
Aujourd’hui au Faso.


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