John Dramani Mahama, le chef de l’État ghanéen, a cassé un peu les codes diplomatiques, sinon économiques, au FT Africa Summit 2026 à Londres, en affirmant qu’à l’horizon 2030, il sera interdit l’exploitation des minerais bruts du Ghana. Pour lui, c’est une aberration économique de voir les navires quitter le port ghanéen avec dans ses cales de l’or, dont le Ghana est le 1er producteur de l’Afrique, de la bauxite, du fer, du lithium du manganèse, et les mêmes navires revenir avec ses minerais transformés pour être vendus à des prix exorbitants aux mêmes Ghanéens.
La tribune choisie par John Dramani n’est pas le fait du hasard et le lieu aussi. C’est à Londres, capitale de l’ex-colonie, de l’ex- Gold-Coast, et devant des partenaires traditionnels, sans doute éberlués par cette sortie tout aussi tonitruante que désarçonnante du chef de l’État ghanéen que ces propos ont été tenus.
En fait, le désir de ne pas laisser ses matières premières brutes partir vers l’Europe s’inscrit dans le programme de Dramani, Accra Reset , qui a comme matrice l’industrialisation massive par un raffinage à 100 % à court terme, le Ghana raffinant déjà 70 % de ses exportations de ce genre. Création d’usines tous azimuts aussi, donc d’emplois, cela s’entend. Mais sans le dire, Mahama Dramani emboîte le pas à un homologue voisin, le capitaine Ibrahim Traoré du Burkina, qui a fait du « productions et consommons local» son violon d’Ingres. En particulier dans le domaine des richesses du sous-sol, IB est intraitable : Plus question d’envoyer l’or et autres minerais à l’extérieur pour la transformation. RAFFINOR une usine de raffinage d’or a vu le jour le 28 septembre 2026 à cet effet.
La souveraineté économique, c’est aussi pouvoir créer des usines, créer de l’emploi et fixer les jeunes au treroir. L’import-export développe des individus, pas le pays. Dramani, inspiré par IB ? Sans doute, puisque les deux hommes s’entendent très bien. Dramani a même invité le capitaine IB à son investiture le 7 janvier 2025 et le Ghana suit avec attention les actions de l’AES.. Dramani a même nommé un représentant spécial du Ghana auprès de l’AES Larry Gbevlo Lartey le 21 janvier 2025.
En tous les cas, le Ghana a 3 ans pour réaliser ce vœu, à condition de lever les hypothèques qui ne manqueront pas d’être sur le chemin. Mais déjà, on peut se poser la question en la matière : après le Ghana à qui le prochain «domino» de cette affirmation de la souveraineté économique ?
Aujourd’hui au Faso


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