3e sommet Russie-Afrique de Moscou : Bandung 2.0 sur la Place Rouge

3e sommet Russie-Afrique de Moscou : Bandung 2.0 sur la Place Rouge

 

 

Vladimir Poutine boit son petit lait et ce pendant 48 heures car Moscou est la capitale du Sud Global. 48 pays et 2000 participants y compris des chefs d’entreprises russes et africaines se retrouvent pour le 3e raout russo-africain après ceux de Sotchi en 2019 et Saint-Pétersbourg en 2023. Il y a là le Congolais Sassou Nguesso, le Burundais Ndayishimiye, président de l’UA qui a coprésidé la reunion avec le patron du Kremlin, la  vice-présidente du Bénin, Talata Mariam et évidemment les leaders de l’AES, le Malien Assimi Goïta et le Nigérien Abdourahaman Tiani, le Burkinabè  Ibrahim Traoré s’étant fait représenter par son premier ministre Rimtalba   Jean Emmanuel Ouédraogo. ( lire page 3). C’est un défi diplomatique relevé par le maître du Kremlin car en dépit de «l’opération spéciale» ( guerre contre l’Ukraine) et les sanctions occidentales, il est parvenu à briser ce cercle d’isolement pour tenir ce rassemblement avec une Afrique dont les curseurs ne sont plus figés uniquement sur Paris, Londres, Bruxelles, Washington, mais sur Moscou.

Cet acte 3 d’un ordre mondial multipolaire moscovite ressemble à s’y méprendre au sommet de Bandung de 1955. Par la dénonciation du néocolonialisme occidental, l’émergence d’icônes souverainistes, le refus du» piège de la dette « et l’impérialisme néocolonial. En particulier, l’espace Aésien  réaffirme son option souverainiste de ses partenaires dans le domaine militaire et sécuritaire et en la matière, ses aiguilles stratégiques  calent sur Moscou face aux diktats internationaux.  N’est-ce pas le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes prôné par Bandung ?

Mais le parallèle s’arrête là. Poutine n’est pas Sukarno ni Néhru. Et il n’y a  plus de guerre froide, et ni Est ni Ouest. Et si Bandung prônait le Non-alignement, l’AES est arrimée à un changement d’alliance stratégique qui va de l’Occident principalement français au partenaire russe en matière militaire et économique.

Ensuite, le sommet des 28 et 29 octobre 2026 à Moscou s’articule sur des problématiques propres à la géopolitique actuelle:  -Redessiner les rapports Russie-Afrique par une émancipation du modèle occidental en tournant le dos aux oukases économiques.

-Mise en place d’un système de paiement indépendant pour s’affranchir du  joug financier de l’Occident. -Les dirigeants africains espèrent aussi plus d’investissements russes en Afrique.

-Évidemment, il y a la défense et la sécurité et Moscou est aux côtés des pays africains tels la RCA, le Burkina, le Mali et le Niger.  Bref, c’est le sommet espère t-on du côté africain de la transformation du partenariat avec la Russie par l’avènement de grandes choses concrètes pour l’amélioration du quotidien des populations . C’est du reste ce qu’a laissé entendre N’dayishimyé faisant échos à Poutine qui a évoqué les 27 milliards de dollars d’investissement russe sur le continent l

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana

COMMENTAIRES

WORDPRESS: 0
✕
Aujourd'hui au Faso

GRATUIT
VOIR