Sécurité au Burkina Faso : 100 jours, 101 intelligences pour une politique sécuritaire

Sécurité au Burkina Faso : 100 jours, 101 intelligences pour une politique sécuritaire

Le président du Faso, Roch Kaboré, a procédé le lundi 17 juin 2019, à l’installation de la commission d’élaboration de la politique de sécurité nationale. Composée de 101 membres, cette commission devra en 100 jours, élaborer un plan de politique qui permettra de réorganiser de manière efficiente la structure générale de la sécurité au Burkina Faso.

Créée par décret en 2018 à la suite des recommandations du forum national sur la sécurité, la commission d’élaboration de la politique de sécurité nationale qui a pour but d’élaborer la nouvelle politique nationale de défense et de sécurité vient d’être installée hier 17 juin 2019, avec pour coordonnateur le colonel major Théodore Naba Palé. Ainsi, la commission devra faire des propositions pour une réforme du secteur de la sécurité qui permettra, non seulement d’instaurer un système de sécurité efficace et responsable pour l’Etat et les citoyens, sans discrimination et dans le plein respect des droits de l’homme, mais également de consolider le caractère républicain et professionnel des Forces de défense et de sécurité (FDS), en vue d’une meilleure contribution à la paix, à la sécurité et au développement durable. «L’élaboration de la politique de sécurité nationale répond au devoir de l’Etat d’assurer la protection des Burkinabè et de notre territoire. En effet, la Constitution stipule en son article 2 que la protection de la vie, la sûreté et l’intégrité physique sont garanties.

Il appartient donc à l’Etat de créer les conditions nécessaires pour les Burkinabè et toutes les personnes présentes sur le territoire national afin qu’ils puissent se sentir en sécurité, à l’abri du danger. L’article 2 doit être interprété dans un sens large. En effet, le danger n’est pas seulement le risque d’une agression extérieure, mais comprend le risque de mourir de faim, de maladies, d’accidents ou de catastrophe.

Le danger comprend également le risque environnemental, informatique, énergique, social, économique, bio-sécuritaire», a expliqué le ministre de la Sécurité, Ousséni Compaoré. La Commission d’élaboration de la politique de sécurité nationale étant une pluridisciplinaire, regroupe en son sein des personnes de différentes couches sociales, qui devront en 100 jours élaborer un projet de loi sur la réorganisation de l’architecture générale de la sécurité nationale. On retrouvera au sein de cette commission des acteurs politiques, des autorités coutumières, académiques et syndicales, des acteurs de la gouvernance et du contrôle citoyen. Cette initiative est la bienvenue au vue du contexte sécuritaire actuel du pays et cette politique de sécurité devra au moment de son élaboration, prendre en compte de manière inclusive, les préoccupations, les attentes et les aspirations profondes des populations.

«Voilà pourquoi la commission est pluridisciplinaire et le processus d’élaboration proposé est basé sur des approches holistiques qui mettent l’accent sur le besoin de réponses collectives et multisectorielles», souligne le ministre de la Sécurité. Pour sa part, le président du Faso estime que la politique de sécurité nationale qui sera élaborée et adoptée constitue le début d’un chantier de réformes que le peuple doit nécessairement entreprendre et qu’il s’est engagé à traduire en actions concrètes au profit de tous.

«Cette politique retracera notre vision pour une sécurité durable, qui reflètera nos valeurs, nos intérêts nationaux et aussi la manière de les préserver et de les promouvoir», a laissé entendre Roch Kaboré Et de préciser que l’objectif est de doter le pays d’un appareil de sécurité fiable, républicain, redevable et en adéquation avec les ressources, et cet appareil sera respectueux des droits humains et enraciné dans l’état de droit. En somme, il encouragera les membres de la Commission à persévérer dans cet effort historique et à s’ouvrir à des consultations populaires élargies à l’ensemble des régions pour mieux répondre aux attentes des populations, car selon lui, «c’est la première fois que notre pays se donne l’espace et les moyens de se doter d’une vision malgré l’ampleur inégalée des menaces sécuritaires en général et des harcèlements terroristes».

Larissa KABORE

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