La tuerie lors de la marche des femmes au marché d’Abobo les 3 et 17 mars 2011 ? Laurent Gbagbo n’y est pour rien ! Les assassinats ciblés des escadrons de la mort de sinistre mémoire ? Aucune preuve que l’ex-n°1 ivoirien en était le commanditaire ! Le meeting jugé incendiaire de Divo du 27 août 2010 par Gbagbo ? Fadaises ! Selon encore le document à décharge qui a valu la liberté aux deux reprouvés de Scheveningen.
Au total 1 500 pages de justifs publiées sur la page de la CPI, par les 3 juges Cuno Tarfusser, Geoffrey Henderson et Herrera Carbuccia à qui Gbagbo et Blé Goudé doivent leur liberté conditionnelle. Cette publication écrite de la Chambre de première instance de la CPI sur les motifs de cette levée d’écrou, intervenue il y a 6 mois, tente de montrer que les qualificatifs du procureur constitutifs de crimes, qui pendaient sur la tête de l’ancien président de Côte d’ivoire et son «ministre de la rue» ne sont pas avérés.
– Il n’y a pas d’indice du procureur pour matérialiser l’existence d’une politique d’Etat pour assassiner les populations civiles.
– Les charges sont également minces sur tout comportement de Gbagbo dans la commission de crimes.
Selon le volumineux document du trio de juge de la CPI, toutes les preuves sont basées sur des coupures de journaux, des photos et des témoignages approximatifs.
En clair, le réquisitoire du substitut du procureur Eric Mc Donald, tendant à prouver que Gbagbo et Blé Goudé auraient usé de méthodes criminelles ciblant des civils ivoiriens, et le témoignage accablant de la représentante légale des victimes Paolina Massida sont infondés selon cet exposé écrit. Toutes ces accusations volent donc au ras des pâquerettes de la lagune Ebrié. In fine, l’écart entre ce qui est reproché à Laurent Gbagbo et la réalité est abyssal.
En rendant public donc un tel draft, les 3 juges auraient voulu pousser la procureure à laisser tomber son appel de cette liberté conditionnelle qu’ils n’auraient pas agi autrement.
Mais c’est peut-être mal connaître la Thémis de la CPI, qui compte bien jauger, ne serait-ce qu’une ultime fois, les 11 000 pages d’accusation contre les 1 500 de l’acquittement et pour cette raison, elle demande un délai jusqu’au 10 octobre. Elle n’a pas été ministre de la Justice de la Gambie pour rien.
En attendant, une question turlupine tout de même les esprits : qui sont les coupables des
3 000 victimes dont 300 Burkinabè lors de l’interminable cahotement politico-militaire de la Côte d’Ivoire ?
Sam Chris


COMMENTAIRES