Les appréhensions des uns et des autres sur les auteurs de l’attaque d’envergure qu’a subie le détachement militaire le lundi 19 août dernier ne les a pas trahis.
Soixante-douze heures après cette journée noire pour les Forces armées nationales burkinabè, on en sait plus sur les auteurs de ce énième drame qui a officiellement coûté la vie à 24 soldats. Selon plusieurs sources dont le site MENASTREAM AQ Channel, qui avait annoncé l’attaque dès les premières heures, le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM) chapeauté par Iyad Ag Ghaly a revendiqué l’attaque de Koutougou. C’est la deuxième fois depuis sa naissance que le GSIM revendique une attaque au Burkina Faso.
Après une relative accalmie, les attaques se sont multipliées au cours du mois d’août. Et en moins d’une semaine, trois attaques ont été enregistrées.
Le 14 août 2019: 4 soldats avaient été tués et deux autres blessés par un engin explosif improvisé au passage de leur convoi sur l’axe Toéni-Loroni, dans la province du Sourou.
– 15 août 2019: 3 policiers sont tués dans une embuscade sur l’axe Djibo-Mentao alors qu’ils assuraient la protection du site des réfugiés.
– 19 août 2019 : La Brigade territoriale de gendarmerie de Nako, dans le Poni (région du Sud-ouest), est attaquée. Le bâtiment est à moitié incendié. On ne déplore aucune perte de vie humaine.
– 19 août 2019 : le détachement militaire de Koutougou, situé à environ 70 km de Djibo, dans le Soum, est attaqué par des hommes armés à motos et en véhicules. Selon l’état-major général des armées, l’attaque a fait 24 morts dans les rangs de l’armée, 7 blessés et 5 portés disparus. En riposte, 40 terroristes sont neutralisés.
Considéré comme le mouvement djihadiste le plus dangereux du Sahel, le GSIM avait revendiqué le double attentat qui avait ensanglanté Ouagadougou le 2 mars 2018. Le Jnim, Jamaat Nosrat al-Islam wal-Mouslimin (ou en français, le GSIM avait fait parvenir son message à l’Agence de presse mauritanienne Al Akhbar, l’un de ses canaux habituels de diffusion. Le groupe terroriste indiquait que les attaques de l’ambassade de France et de l’Etat-major de l’armée burkinabé, qui ont fait 8 morts parmi les forces de sécurité, ont été menées «en réponse à la mort de plusieurs de ses dirigeants dans un raid de l’armée française dans le Nord du Mali quelques semaines plus tôt».
Notons que dans sa note de revendication, le GSIM évoque près d’une trentaine de morts dans les rangs de l’armée burkinabè lors de cette attaque. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans est une organisation terroriste, d’idéologie salafiste djihadiste, formée le 1er mars 2017. Il est né de la fusion d’Ansar Dine, des forces d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) dans le Sahel, de la katiba Macina et de la katiba Al-Mourabitoune.


COMMENTAIRES