Ceux qui pensaient que la crise qui a secoué l’ex-parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) était un mauvais souvenir devront se raviser et sortir de leurs chimères. Rien n’est encore réglé entre la direction du parti et les frondeurs qui refusent de lâcher du lest.
Après avoir réussi à faire capoter le congrès extraordinaire du 16 juin dernier en convainquant le Tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou sur le caractère illégal de la composition du Bureau exécutif national (BEN) et en prélude à celui prévu pour ce 22 septembre 2019, ils reviennent une fois de plus à la charge pour demander au juge des référés de prononcer la suspension de ce raout politique.
Dans leur argumentation, les frondeurs : Sawadogo Rasmané Daniel, Drabo Gnama Pako, Tapsoba Ambroise, Seni/Sow Roukeita, Sana Soumaïla, tous membres du Bureau politique national, (BPN) dans leur requête formulent plusieurs griefs à la direction du CDP et à son président Eddie Komboïgo.
Dans un premier temps, ils l’accusent d’avoir mis en place un Bureau exécutif national (BEN) irrégulier au regard de sa composition en coptant certains militants qui ne remplissent pas les conditions requises en violation de l’article 6 du règlement intérieur qui stipule que pour être éligible au BEN, un militant doit avoir au moins trois (3) ans d’activités au BPN. Dans la ligne de mire des frondeurs, quatre noms. Il s’agit de Konseiga Ghislain, Younga Mohamed, Sanon Jean et de Ilboudo Dieudonné qui siégeraient irrégulièrement au BEN et dont la présence constituerait à leurs yeux «un trouble manifestement illicite».
En deuxième lieu, les plaignants pointent un Bureau politique national (BPN) irrégulier du fait de la présence des quatre militants ci-dessus cités membre du BEN et de facto membres du BPN. Il est aussi reproché à la direction du parti d’avoir exclu de façon arbitraire des militants. En troisième lieu, ils dénoncent la composition du Conseil national. Enfin, Rasmané Daniel Sawadogo et ses camarades estiment qu’au vu de toutes ces irrégularités énoncées, le congrès ne «peut être valablement convoqué et qu’il y a là un trouble manifestement illicite».
A ce effet, il demande au juge des référés d’ordonner la suspension du congrès extraordinaire prévu pour se tenir le 22 septembre 2019 jusqu’à la conformité de la composition du Bureau exécutif national (BEN), de celle du BPN et de celle du Conseil national.
Ainsi donc, la tenue du congrès de ce 22 septembre tient à un fil et les regards sont tournés vers le bureau du juge des référés qui devra statuer ce jeudi 19 septembre.


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