Affaire Norbert Zongo : le décret d’extradition de François Compaoré signé par le premier ministre français

Affaire Norbert Zongo : le décret d’extradition de François Compaoré signé par le premier ministre français

L’information a circulé entre temps avant d’être confirmée par une source du ministère de la Justice burkinabè. Selon cette source, le premier ministre français, Edouard Philippe a signé le décret autorisant l’extradition de Paul François Compaoré vers le Burkina Faso.

Cette autorisation de l’exécutif français intervient 10 mois après le rejet par la Cour de cassation (justice française) du pourvoi déposé par les avocats de François Compaoré contre son extradition vers son pays. Ainsi, à la suite de la Cour d’appel de paris qui avait émis un avis favorable à cette extradition (en premier ressort) et le rejet du pourvoi par la Cour de cassation, c’est au tour du gouvernement de signer le décret autorisant le retour de celui que l’on surnommait «le petit président» afin qu’il réponde des accusations portées contre sa personne.

Au sortir de cette audience, les avocats de la défense avaient indiqué ceci : «Nous avons perdu une bataille mais pas la guerre. L’extradition nécessite un décret signé par le Premier ministre. S’il est signé, nous l’attaquerons et souhaitons obtenir son annulation devant le Conseil d’État», avait confié Me François-Henri Briard, avocat de François Compaoré.

Notons que François Compaoré avait été arrêté le 29 octobre 2017 à l’aéroport parisien de Roissy Charles-de-Gaulle et placé sous contrôle judiciaire. Le 5 mai 2018, les juges français avaient émis un avis favorable à la demande du Burkina, au terme de plusieurs audiences. Pour une bonne administration de la justice, ils avaient demandé en juin 2018 au Burkina Faso d’apporter «des éléments matériels précis de nature à démontrer l’implication de François Compaoré dans l’assassinat des quatre personnes».

Dans cette bataille, le Burkina Faso s’est engagé à garantir de bonnes conditions de détention à François Compaoré dans le cas où il serait incarcéré. Mais avant, la justice avait fait un toilettage des textes afin de se mettre en règle vis-à-vis des normes internationales.  C’est dans ce contexte que l’abolition de la peine de mort a été approuvée le 31 mai 2018. Dans le camp de l’ex-parti au pouvoir, ce toilettage avait été vu comme une manœuvre en vue de faciliter l’extradition de l’ancien conseiller spécial de Blaise Compaoré.

Rappelons que la justice burkinabè a inculpé le frère cadet du président Compaoré pour incitation à assassinat dans l’affaire du journaliste Norbert Zongo assassiné en compagnie de trois de ses compagnons de route le 13 décembre 1998, à une centaine de kilomètres de la capitale (Sapouy). 

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