Afrique du Sud : L’ANC sauve Ramaphosa,  quid de l’échéance de 2024 ?

 Afrique du Sud : L’ANC sauve Ramaphosa,  quid de l’échéance de 2024 ?

Il n’y aura pas de processus d’impeachment contre Cyril Ramaphosa, c’est la décision finale de l’ANC hier à l’issue une journée d’âpres débats. Après un mois de silence, sa dernière prise de parole date du 29 octobre, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a repris la parole le 4 décembre dernier dans une brève apparition devant des journalistes, sourire en coin.

Preuve qu’il a trouvé la parade contre le rouleau compresseur juridico-politico-financier ? Sans doute, car alors qu’il était question il y a quelques jours d’une possible démission de ce dernier, ou qu’il sera destitué à l’hémicycle par les députés, Cyril Ramaphosa voit ce spectre infamant s’éloigner.

En effet, hier 5 décembre 2022, à la  veille d’une plénière à l’Assemblée nationale, l’ANC, sa famille politique sauve la tête du chef de l’Etat, en s’entendant sur le fait qu’il n’y aura pas de motion de censure aujourd’hui même contre Ramaphosa. C’est un non retentissant donc à la procédure de destitution qui pendait sur la tête de celui qui a été éclaboussé depuis plusieurs semaines par le scandale «Phala-Phala» du nom de la localité où se situe sa ferme et où des fins limiers auraient trouvé 500 000 dollars cachés dans un canapé, trouvaille qui a fait l’objet d’un rapport circonstancié. Un rapport qui fait que Ramaphosa aurait enfreint la Constitution donc coupable de parjure, dont la sanction est la destitution.

Si donc les députés du Congrès national africain (ANC) sont d’accord que même le président de la République, Ramaphosa, n’est pas au-dessus des Lois, ils n’ont pas osé franchir la ligne rouge de l’impeachment, estimant «qu’il doit rendre compte, mais pour l’intérêt supérieur de la Nation, il continuera à gouverner».

Ouf de soulagement de Ramaphosa, qui s’était claquemuré dans un silence sépulcral, et qui pourra dès aujourd’hui même présider une cérémonie publique !

Dans la nation arc-en-ciel, et ce, depuis Nelson Mandela, c’est l’ANC, allié au tout-puissant syndicat la COSATU qui rythment la vie politique. C’est l’ANC qui oint tout candidat à la présidence, qui œuvre à ce qu’il soit élu et qui peut le destituer aussi via les députés. En l’espèce, la hiérarchie et la base se sont accordés pour sauver le soldat Ramaphosa. Reste l’échéance de 2024, le second bail que cherche le président-candidat. En novembre dernier, il avait obtenu l’imprimatur des sections de l’ANC (2 037 nominations) contre son rival Zweli Mkhize (900 nominations).

Et si son parti l’a couvert de sa carapace face à ce scandale qui aurait pu l’emporter, son comportement et celui de l’ANC, d’ici 2024 seront déterminants pour une réélection du proscrit temporaire.

On en saura plus lors de la prochaine conférence de l’ANC entre le 16 et le 20 décembre prochain pour l’élection des dirigeants qui pèseront lourd dans la campagne électorale de Ramaphosa. Lequel a eu la baraka car son prédécesseur, le Zulu boy, Jacob Zuma bien qu’ayant quitté la fonction est toujours dans l’œil de la justice. Sauvé par le gong de l’ANC, Ramaphosa devra mieux se pouvoir s’il veut un second mandat dans 2 ans !

La REDACTION

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