L’affaire «Phala-phala» n’emportera pas Cyril Ramaphosa. L’ANC, le parti de Nelson Mandela qui gouverne le pays depuis 1994 a réélu hier lundi 19 décembre 2022, le président sortant à sa présidence, véritable marchepied vers un second bail pour les élections générales de 2024.
Par 2 476 voix contre 1 897 pour son adversaire Zwile Mkhize, son opposant. A vrai dire, c’était déjà acté car les députés de l’ANC avaient donné leur imprimatur à cet adoubement et ce, malgré le scandale du «Phala-phala» en référence au ranch de Ramaphosa où l’on avait découvert 500 mille dollars cachés dans un divan. Une affaire qui a ouvert un dossier à double détente : une enquête circonstanciée et une motion de défiance à l’hémicycle.
L’enquête a été accablante certes, mais le 5 décembre dernier, les députés de l’ANC ont refusé de sanctionner Ramaphosa «pour l’intérêt supérieur de la Nation, il continuera à gouverner», ont-ils conclu les honorables députés de l’ANC, majoritaire au parlement. Cyril Ramaphosa, 70 piges, peut donc espérer rempiler en 2024, car historiquement, depuis Madiba, quiconque est oint par l’ANC s’assoit inéluctablement dans le fauteuil présidentiel. L’ANC, puissant parti, ayant pour allié le non moins puissant syndicat la COSATU régente la vie politique de l’Afrique du Sud. Il est vrai que l’opposition est forte, avec Zwile Mkhize et le trublion Malema, mais l’ANC reste la première représentation politique.
En outre, Ramaphosa doit cette victoire d’hier à un travail de lobbying, et surtout à l’accord du «Top 7», une sorte de 7 grands électeurs dans l’ANC, dont 5 lui sont favorables. Le président-sortant échappe donc à l’infamie, mais il devra mieux gouverner, après 2024, dans cette nation arc-en-ciel touchée par le chômage et de multiples questions postapartheid dont celui des terres, et de la coexistence Blancs-Noirs.
Les miasmes sous-jacents de cette ségrégation sont toujours prégnants à certains endroits. Il devra guerroyer contre la corruption, véritable endémie, qui suit d’ailleurs son prédécesseur, Jacob Zuma.
Pour le moment, c’est sûr, Ramaphosa savourera cette victoire d’hier, et celle à venir, tout en n’occultant pas que ce second mandat sera plus corsé que le premier, et qu’il a intérêt à ouvrir l’œil et le bon.
La REDACTION


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