Allègement du couvre-feu  et lendemain d’attaques en Sierra Léone : Une vingtaine de victimes dont 13 soldats et des sécurocrates sur les dents

Allègement du couvre-feu  et lendemain d’attaques en Sierra Léone : Une vingtaine de victimes dont 13 soldats et des sécurocrates sur les dents

Après le dimanche infernal du 26 novembre dernier à Freetown, on en sait un peu sur le pourquoi de ces bruits de fusils et combats au canon dans la capitale sierra léonaise.

Si tout indique que les assaillants voulaient s’emparer d’une armurerie, dans un QG militaire, et qu’ils ont été repoussés par les forces de l’ordre, on connait un peu plus sur ces désagréables visiteurs bruyants de la nuit, et la raison pour laquelle, ils ont perpétré ce coup. La Grande muette sierra léonaise a lâché quelques bribes d’informations, notamment que ces attaques, outre la libération des prisonniers dont certains sont revenus, il y a eu une vingtaine de victimes, dont 13 soldats. Mieux, les croquants de dimanche sont des militaires à la retraite et d’actif. Donc, quand des militaires se transforment en renégats, l’intention est limpide.

Evidemment, le coup d’Etat éventé est dans le cortex du Sierra Léonais tartempion, comme au sommet de l’Etat, notamment avec la «tentative de déstabilisation» lâchée par le président Julius Maada Bio. Un président pour montrer qu’il reste serein était dans son bureau hier lundi 27 novembre.

On a allégé le couvre-feu, mais les éléments de la sécurité restent sur les dents, Freetown demeure une capitale à l’allure d’état de siège. Et si la tension est tombée d’un cran, tout indique que les sécurocrates étatiques sont sur le qui-vive et toujours à l’affût pour connaître les tenants et aboutissants de cette équipée dominicale. Wanted, primes ont été mis en jeu pour appâter tous ceux qui dénonceraient ou montreraient ces militaires félons !

Il faut donc du temps ! Un temps mis, on l’espère pour tout sécuriser, mettre la main sur tous les spadassins, bref, faire le bilan de cette nuit dont les habitants de Freetown auraient voulu s’en passer, à commencer par le chef de l’Etat lui-même.

L’attaque de Freetown, quelle que soit la raison principale, remet au goût du jour l’insigne fugacité de la démocratie, quelle soit rousseauiste, montesquienne, toquevillienne ou même tropicalisée, comme le réclament les rues de Ouaga, Bamako et Niamey, la démocratie n’est jamais une mode de gouvernance acquise une fois pour toutes sous nos tropiques.

La recrudescence du tropisme kaki pour le pouvoir depuis 2020, 40 ans après la pandémie des années 80, est un phénomène qui est très profond, et il serait réducteur de n’y voir qu’une turpitude politique du seul précarré français. La Sierra Léone est d’obédience indirect rule (Administration indirecte) anglo-saxonne, mais voilà que les armes ont troué la nuit et en attendant les résultats des enquêtes, c’est la thèse du coup d’Etat, donc d’interruption de l’ordre constitutionnel, qui domine !

Et on n’est pas dans une ex-colonie française ! A la vérité, il y a un profond désir des Africains de se voir gouverner autrement, sauf que rien n’est encore tranché sur ce point. C’est l’heure du tâtonnement. Mais, attention à l’autarcie, et à une géopolitique isolationniste. Si l’Afrique est le continent de demain, elle aura besoin un tant soit peu des autres continents !

La REDACTION

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