Ceux qui manient avec dextérité les équations, les nombres et les chiffres adorent l’unicité, les mathématiciens démontrent toujours qu’une solution d’un problème est unique.
Et pourtant, le président-mathématicien de la République centrafricaine lui Archange Touadera, préfère la triplicité celles des baux. Il vient d’en prendre un 3e, à l’issue de la présidentielle du 28 décembre dont il est crédité par l’Agence nationales des élections (ANE) de 75,16%, laissant loin derrière ses 2 challengers, Anicet- Georges Dologuélé (14,66) et Henri-Marie Dondra (3,19%). Score sans surprise dans un combat Ad gladium centrafricain dépourvu de gladiateurs-challengers capables de lui porter l’estocade, ou plus exactement une bataille électorale balisée pour que l’identité du locataire du palais de la Renaissance, reste inchangée. On n’organise pas un référendum pour introduire un 3e mandat, pour perdre les élections. Mais ceci dit, cette victoire de Touadera n’est pas imméritée, car il bénéficie de quelques primes au sortant notamment la relative paix qu’il a apporté dans un ex-Oubangui-Chari, truffé de rébellions à tiroirs, d’instabilité politique et d’ethnicisme exacerbée. On peut lui reprocher ce 3e mandat indu, ou de trop, des « fraudes électorales » comme l’accusent ses 2 principaux challengers Dologélé qui parle de « holdup up électoral le moins camouflé de l’histoire de la RCA » et qui va saisir la MINUSCA ou encore de Henri-Marie Dondra, qui a embouché la même trompette. Mais le taux de participation 52,42%, l’atmosphère pacifique qui a entouré le scrutin sont des faits palpables à l’actif du sortant. N’empêche, que ce 3e bail sera tout sauf un farniente tranquille sur une pirogue au-dessus du fleuve Oubangui. Des dossiers brûlants sont sur la table de Touadera III. A commencer par la poursuite de la pacification du sérail national. 7 républiques, un Royaume, de perpétuelles convulsions politiques et militaires dans la trajectoire de la RCA et surtout des groupes armés et rébellions perpétuels, qui font que certains continuent à dire et à penser que Touadera n’est président qu’à … Bangui et de ses faubourgs. Tout ceci attendent le réélu. Un Bangui affublé d’ailleurs de « Roquette » tant, les bruits des armes sont réguliers selon eux. Comment faire vraiment déposer les armes à l’UPC de Ali Darassa ou des 3R du général Sembé Bobo ? Lesquels bien qu’ayant signé des accords de paix et cessez-le-feu sous l’égide du Tchad, continuent à demeurer en brousse et à combattre le régime en place. Le 28 juillet 2025 en effet, était signé un document censé faire taire les armes. Las, rien n’est réglé !
Touadera devra finalement œuvrer à arrêter de rouler cette pierre rebelle de Sisyphe ! Ce qui signifiera le départ des Russes, des Rwandais et une dynamique de sécurisation à laquelle, il faudra ajouter l’apport en sérénité du contexte politique très tendu. N’eut été justement que c’est la communauté internationale qui soutient le pays de Barthélemy Boganda à bout de bras, il y a longtemps que politiquement tout serait parti en vrille ! Enfin, un Touadera III qui ne pourra pas se défausser devant le taux de chômage qui frappe la population (7%) et pointe à 77% en milieu jeune.
De nombreuses équations à résoudre fissa dans l’agenda septenal du président-mathématicien.
Grosso modo, le président-mathématicien devra faire cesser ce fatum, ou ce genre de malédiction en réalité il n’y en a point qui frappe la RCA écartelée entre l’indigence d’une classe politique et la bienveillance suspecte d’une communauté internationale. Ce 3e mandat est celui de tous les défis.
Aujourd’hui au Faso


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