RSF a sans doute en partie raison, même s’il faut encore attendre, car Reporters sans frontières avait alerté il y a 72 jours dans un pavé-réquisitoire que parmi les sicaires du patron de Amplitude FM, Martinez Zogo, figure le tout-puissant homme d’affaires, Jean-Pierre Amongo Belinga, qui aurait été le commanditaire du rapt, de la torture et de l’assassinat du journaliste qui s’en prenait à lui, en dénonçant ses combines malhonnêtes dans le fisc, les finances pour fructifier ses business.
En tout cas, la Commission mixte «police-gendarmerie» ordonnée par le président Paul Biya a procédé hier 6 février 2023, à des arrestations, dont le gros poisson qu’est Belinga, qui n’est pas un quidam au Cameroun. De l’Anecdote, le premier canard créé dans les années 90 à la télévision Vision 4 et à une foultitude d’investissements dont une banque, une université privée, Belinga est devenu ce qu’on appelle à Yaoundé «un en haut de en haut». Et naturellement, pour gravir tous ses escaliers sociaux ou à cause de cela, il a aussi de puissants réseaux relationnels parmi lesquels, le garde des sceaux, Laurent Esso, cité dans le rapport de RSF, via le témoignage de celui qui prétend qu’il a dirigé ce qui ressemble à une équipée punitive contre notre confrère : Justin Danoué. De facto, quand on est à ce niveau, on se sent souvent pousser des ailes, intouchable, car côtoyant les princes et autres hommes qui sont au pouvoir, et l’argent aidant, on se prend pour Dieu. Et encore…
Puisque l’homme a un certain degré de puissance, estime qu’on peut tout se permettre et même qu’on a le droit de vie et de mort sur les autres et gare à qui ose critiquer sa personne et ce qu’il fait ! Selon les témoignages, Belinga était fait de cet étoffe, et ne faisait pas mystère que qui se frotte à lui, s’y pique. Déjà en 2020, l’assassinat d’un jeune jet-setter l’avait mis sur la sellette. Foucades, suspicions d’actes qui jurent avec les lois de la République, Belinga Amongo était connu du Tout-Cameroun, mais avec l’argent, les gens la bouclent jusqu’à… un certain degré. Et apparemment, ce trop-plein est l’assassinat du journaliste Zogo.
Présumé innocent, même arrêté et accusé déjà par de nombreux Camerounais, il l’est, mais de nombreux objets du délit l’accablent :
-Trahi par ses fadettes d’abord, le film des appels téléphoniques de Belinga font de lui un suspect sérieux dans cet assassinat. Car la commission mixte «police-gendarmerie» en réécoutant ses appels, ont découvert des liens avec cet assassinat du journaliste.
-Ensuite, par les dépositions de Justin Danoué, qui fait partie du service des renseignements camerounais et qui aurait été le chef commando-ravisseur et tueur.
Belinga et 3 de ses proches sont désormais dans la nasse des services de police et de la gendarmerie. Celui qui semblait défier les lois de la République est tombé comme une mangue blette ! A qui le tour ? Les enquêtes se poursuivent et on en saura davantage s’il a agi pour son compte, ce qui ramènerait à des proportions moins désastreuses que si ce sont les services de renseignements qui ont utilisé leurs moyens pour commettre ce crime. C’est évident que cette affaire scabreuse qui a coûté la vie à Martinez Zogo n’a pas encore livré tous ses secrets.
La REDACTION


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