Attaque de Porga au Bénin : L’eau qui dégouline de la tête va forcément vers les épaules

Attaque de Porga au Bénin : L’eau qui dégouline de la tête va forcément vers les épaules

Les visqueuses tentacules de l’hydre terroriste s’étendent vers les côtes ; annoncions-nous, il y a quelques semaines après les attaques de Kafolo et de  Tèhini, dans le Nord-Est de la Côte d’Ivoire.

Comme une prémonition, quelques semaines plus tard soit le 11 novembre dernier, c’était le Togo qui essuyait une incursion terroriste dans le Kpendjal, dans la localité de Sanloaga, dans le Nord du pays. Ces assaillants seraient venus de l’autre côté de la frontière avec le Burkina Faso. Et voilà que dans la nuit du mercredi 1er au jeudi 2 décembre 2021, c’est une position de l’armée basée dans  la région de Porga au Nord-Ouest du Bénin qui est attaquée. Deux soldats y ont perdu la vie. Cette attaque qui intervient plus de deux ans après l’enlèvement de trois Occidentaux et d’une Sud-coréenne par des terroristes dans la Pendjari sonne comme un signal aux pays côtiers.

Longtemps épargnés, les pays du golfe de Guinée sont plus que jamais dans l’œil de cyclone. Désormais, la crise sécuritaire qui sévit au Sahel gagne progressivement les côtes et comme l’eau qui dégouline de la tête, elle va forcément toucher les épaules. Sans jouer les oiseaux de mauvais augure, ces petites escarmouches à la frontière avec le Burkina Faso, qualifié de maillon faible dans la lutte contre le terrorisme, sont aussi des signes annonciateurs de violentes incursions ou de coups de boutoir des groupes armés terroristes dans cette partie du continent. Restés coïts, alors que le Burkina Faso, pays sahélien est en proie aux attaques répétées des groupes armés terroristes depuis 2015, sans réel appui véritable (sous régional) ils devront à présent faire face à la menace qui se précise sur leur territoire et sur leur sol. Pour n’avoir su appréhender la prégnance du phénomène terroriste à travers une véritable mutualisation des forces armées contre ce mal qui poussait ses cris au Sahel, c’est donc toute la sous-région qui devra souffrir pour l’endiguer.

Ainsi, s’il faut saluer les quelques opérations conjointes menées jusque-là et qui ont mis hors d’état de nuire plusieurs dizaines de combattants terroristes, l’urgence commande que la question soit débattue à l’échelle communautaire. Face à ce péril qui gagne du terrain et guigne les côtes, tous les pays de l’organisation sous-régionale (CEDEAO) devront abandonner un tant soit peu leur souveraineté et œuvrer à stopper la progression de l’hydre terroriste mais surtout à déraciner ses tentacules qui ne connaissent aucune frontière et aucune nationalité.

Davy Richard SEKONE

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