C’était le premier coup de Jarnac de la nébuleuse terroriste dans la capitale burkinabè, et c’est l’avenue Kwamé N’Krumah, surnommée «la plus belle avenue de Ouagadougou» qui avait subi la furie des «fous de Dieu». Ce jour-là, aux environs de 19 heures 30 minutes, un commando composé de trois hommes enturbannés, habillés comme des bergers peuls selon une rescapée, arrive à pied sur l’avenue «Kwame N’Krumah». Équipés d’armes automatiques, les assaillants ouvrent le feu sur la terrasse du restaurant Le Cappuccino, fréquenté par beaucoup d’Occidentaux.
À 20 h 45, les terroristes sont aperçus devant l’hôtel Yibi, ils incendient des véhicules et tirent quelques coups de feu pour éloigner les badauds. Ils entrent ensuite dans le Splendid Hotel. Les Forces de défense et de sécurité (FDS) sont alertées. Face à l’inattendue, la décision semble difficile à prendre. Un périmètre de sécurité est dressé. La situation géographique et le voile de la nuit ne facilitent pas les choses. Après plusieurs heures d’échanges, l’assaut sera finalement donné vers 1 heures 30 minutes du matin. Une cinquantaine d’hommes, Burkinabè et Français, participent à l’opération sur le Splendid. Les Français sont en tête au rez-de-chaussée, puis les Burkinabè se répartissent les étages. Les fouilles durent de 1 h à 4 h 30. Mais les djihadistes ne sont plus à l’intérieur, ces derniers ouvrent le feu sur l’hôtel depuis l’extérieur, un soldat français est blessé à la jambe. Le Cappuccino et l’hôtel Yibi sont fouillés à leur tour, sans résultat. Les djihadistes changent plusieurs fois d’habits pour être plus discrets, ils se retranchent finalement dans le bar Taxi brousse. L’un d’entre eux sort et ouvre le feu, mais il se retrouve face aux blindés burkinabè et aux forces spéciales françaises postées sur le toit du Splendid et il est aussitôt abattu. Vers 5 h, les deux derniers djihadistes sortent à leur tour du Taxi brousse, et sont abattus. Fin de l’assaut, mais le bilan est très lourd, 30 personnes sont tuées et plusieurs blessés.
Cinq ans après l’indicible, les deux établissements ont fait peau neuve, mais le souvenir de ce drame reste vivace et les plaies béantes en dépit de la volonté de leurs tenanciers de «rester débout».


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