Attaques contre la CENCO, l’ECC et la CENI en RDC : Il faut repenser le format des institutions électorales

Attaques contre la CENCO, l’ECC et la CENI en RDC : Il faut repenser le format des institutions électorales

Il n’y a pas qu’au Burkina Faso que la Commission électorale nationale indépendante est traversée de part en part par une crise née de la désignation de ses membres et surtout son président. En République démocratique du Congo (RDC), la mise en place de cette institution électorale a pris des allures d’une guérilla urbaine. D’abord, le Kasaï oriental qui connaît une ébullition depuis avril par des sacrilèges que sont les profanations de lieux sacrés, puis on est monté d’un cran avec des coups de boutoir contre l’Archevêché de Kinshasa avec comme pinacle , l’attaque du domicile du Cardinal Fridolin Ambongo.

A la vérité, à l’occasion de la désignation du représentant des confessions religieuses, il a été donné aux Congolais de constater que celles-ci sont  sur une Tour de Babel. Six (6) confessions religieuses sur les huit (8) ont jeté leur dévolu sur la personne de Denis Kadima, le hic c’est que ce choix s’est fait sans l’imprimatur des Eglises catholiques et protestantes lesquelles crient à  «l’illégalité». D’où la sortie tonitruante de la CENCO et de l’ECC pour mettre les points sur les «I» et les menaces proférées contre certains de leurs responsables notamment l’Abbé NSholé et le révérend Nsenga.

Burkina Faso, puis la République démocratique du Congo, partout en Afrique, on a la vague impression que les CENI ont vécu, du moins le format actuel Opposition-Majorité-Société civile n’est plus viable. Nées des cendres de l’Administration territoriale, comme les Commissions nationales d’organisation des élections (CNOE), pour parer à la particularité des ministères chargés jadis des scrutins, les CENI de nos jours montrent des signes d’essoufflement constatables lors du choix des membres mais aussi de la formation du bureau de ces institutions.

La raison est toute simple : les citoyens croient de moins en moins à la société civile (OSC, religieux…) jugée souvent proche de telle ou telle chapelle politique, si ce n’est pas des officines politiques officieuses. Ce qui se passe en RDC est regrettable et même désolant. Ces évènements interpellent et reposent  la nécessaire question de repenser le genre d’institutions électorales afin de les adapter au contexte de nos Etats. Avant qu’il ne soit tard, les acteurs devront très rapidement procéder à un changement de paradigme car au rythme où vont les choses, le modèle de CENI dont se dote la majorité des pays d’Afrique devient de plus en plus une porte d’entrée des germes de crise postélectorale que de vigie de la transparence électorale et démocratique.

La rédaction

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