Vendredi 21 février 2014-vendredi 21 février 2025 ! Aujourd’hui au Faso a 11 années d’existence. Tempus fugit, la temporalité fuit dans l’éternité figée, à moins que ce ne soit l’homme qui s’éclipse dévoré par ce «trou noir». Qu’importe, 11 années durant, votre canard a essayé de cancaner avec objectivité, collé à son ADN originel : ni contempteur aigri, ni thuriféraire zélé !
Présent dans tous les évènements nationaux, relayant ceux africains et mondiaux, Aujourd’hui au Faso a toujours fait ce pour quoi il est né : informer, analyser. Poser des grilles de lectures-être l’historien de l’instant contemporain comme l’est un média quotidien.
Aujourd’hui au Faso, c’est l’info au jour le jour, promener le miroir autour de la société, pour en montrer la beauté et surtout les laideurs et pourquoi et comment corriger ces dernières ! Témoin de l’histoire du Burkina Faso de la décade écoulée, Aujourd’hui au Faso a la modestie de croire avoir fait le job. Mais, c’est au lectorat d’en juger !
A l’instar d’autres confrères, l’irruption du 5e pouvoir, celui de la sérendipité, ce mot savant pour désigner les pratiques des réseaux sociaux, «ce 5e pouvoir», celui de l’opinion publique, comme les autres médias, Aujourd’hui au Faso goutte aux affres causées par ce «confrère», qui n’a pas les mêmes contraintes financières et administratives, qu’un média traditionnel !
Mais depuis deux ans, contexte sécuritaire justifie, la vraie menace contre Aujourd’hui au Faso est sourde, silencieuse, mais oh combien mortifère : la trésorerie. Contre les appels matinaux et même diurnes de créanciers, les injonctions des Impôts et de la CNSS, les sommations des banques et les regards du personnel, qui bouclent difficilement les fins de mois, il n’y a pas de place viable. Or, cette situation a été créée, et même exacerbée par les factures impayées de l’Etat, le principal client des médias. La problématique des factures non honorées ou repoussées de façon revolving d’exercice budgétaire en exercice budgétaire, ne date pas d‘il y a 2 ans, mais, elle est aujourd’hui la question censitaire.
Ni le format économique des médias (papier et numérique), ni la crédibilité de ceux-ci ne se posent. C’est l’argent qui manque. Et quand bien même ces factures seraient payées hic and nunc, le problème est résolu à moitié, tant il aura fallu s’endetter ou quémander à gauche et droite pour exister. Actuellement, sans prétendre connaître ce que vivent l’ensemble des confrères, la situation financière n’est pas simple.
Nous profitons remettre au goût du jour 2 propositions qui sont autant de plaidoyer :
1) Une formule rapide pour payer les dettes des médias sans toute la paperasserie, qui confine à un recommencement annuel.
2) Vu que les médias burkinabè dans la majorité accompagnent la dynamique actuelle, l’Etat pourrait supprimer les Impôts sur les médias, à l’image du Niger qui l’a fait depuis ce 31 décembre 2024 pour les mêmes raisons. Ou instaurer 1 ou 2 années fiscales vertes pour eux.
A nos lecteurs, et à toute personne de bonne volonté, votre journal se meurt. Il a résisté à des vents contraires depuis de nombreuses années. Mais, dettes, fisc et salaires…sont des réalités stressantes et nocives.
Aujourd’hui, nous sommes contraints de reconnaître que nous avons un genou à terre sous forme d’une clochardisation entrepreneuriale, si l’Administration n’honore pas l’argent qu’il nous doit. Mais, Aujourd’hui au Faso ne veut pas rendre les armes, ou rendre l’âme ( !) sans un dernier sursaut ! Que nos autorités de tutelle viennent à notre secours, et aux médias en général ! C’est une presse dévastée par les contraintes économiques et financières. La détermination d’Aujourd’hui au Faso à distiller l’info, l’éthique et la déontologie portées comme un diadème reste intacte malgré des finances au plus bas. 11 ans et des finances en berne ! Même la résilience la plus farouche peut s’émousser .
Zowenmanogo Dieudonné ZOUNGRANA
Directeur de publication,
Chevalier de l’ordre national


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