Deux membres du gouvernement béninois ont remis, mercredi 18 février, leur démission à la suite de leur élection à l’Assemblée nationale. Un double départ qui a conduit le président Patrice Talon à opérer un léger remaniement afin d’assurer la continuité de l’action publique et de consolider l’équilibre de l’exécutif.
Appelés à siéger dans la 10ᵉ législature, les deux ministres concernés ont choisi de se conformer aux exigences de la Constitution, qui prohibe le cumul d’un mandat parlementaire avec une fonction gouvernementale. Le chef de l’État a acté ces départs dans un contexte politique marqué par le renouvellement du Parlement et la recomposition progressive des équilibres institutionnels.
Dans l’immédiat, M. Talon a procédé à une réorganisation interne des portefeuilles ministériels. Le ministre de la santé, Benjamin Hounkpatin, voit ses prérogatives élargies. Il assure désormais également la tutelle du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique — un cumul inédit qui traduit, selon plusieurs observateurs, la volonté du gouvernement de renforcer les synergies entre les politiques publiques de formation et de santé, deux piliers des ambitions de développement du pays.
La ministre du commerce et de l’industrie, Shadiya Assouma, se voit quant à elle confier l’intérim du ministère de la culture et des arts. Une mission que l’exécutif présente comme « transitoire », le temps de définir une nouvelle architecture gouvernementale plus adaptée aux priorités économiques et sociales du moment.
En parallèle, le Conseil des ministres de ce 18 février a validé la nomination d’Aimée Justine Azon Aboudou au poste de cheffe de cabinet de la vice-présidente de la République. Cette spécialiste des affaires publiques, longtemps active au sein de l’administration nationale, vient ainsi renforcer l’entourage immédiat de la vice-présidence à un moment stratégique de la législature. Ces ajustements, présentés comme « techniques » par le gouvernement, interviennent dans un climat politique empreint de recomposition et de repositionnement institutionnel. À Cotonou, certains y voient un prélude à un réaménagement plus large avant les échéances électorales des prochains mois.


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