Au lendemain du désistement du président Macky Sall de ne pas être candidat à sa propre succession, Ousmane Sonko avait déclaré lors d’une interview (France 24), que s’il n’est pas candidat le 25 février 2024, «ce sera un chaos indescriptible». Une menace claire à ne pas prendre à la légère, quand on sait que le leader du PASTEF a une partie de la jeunesse sénégalaise quasi «fanatisée», qui ne jure que par Sonko, lequel par plusieurs fois a montré sa capacité de mobilisation, de défiance de l’Etat et de naissance.
Une petite revue de détail : mars 2021 lors de sa comparution, et surtout après le Sénégal fut pris dans une spirale de violences avec 16 victimes. Le 8 mai dernier, quand la justice l’a condamné à 2 mois, il y a eu du grabuge et le 1er juin suivant, lorsqu’il écopa de 2 ans fermes, le rendant inéligible, il ébranla une caravane depuis Ziguinchor sur Dakar, et fut stoppé à Kolda.
Ce qui horripile Ousmane Sonko, et toute la galaxie du PASTEF, c’est l’inéligibilité de leur leader, suite aux décisions de justice. «Je suis toujours éligible», martèle-t-il depuis son domicile ceinturé par les forces de l’ordre. Et dans la foulée, il convoqua un meeting d’investiture ce samedi 15 juillet, matinalement interdit par les autorités, une manif que le célèbre reclus de Keur Gorgui a transformé en concert de casseroles dès 20h 30 à Dakar, Ziguinchor, Mbaké… «Pour délivrer un message de paix…et pour montrer son mécontentement contre les agissements illégaux de l’Etat contre Sonko».
L’opposant n°1 a-t-il été touché par la grâce et le discernement ? Car s’il aurait pu essayer de passer outre l’oukase gouvernemental et tenir son meeting d’investiture, quitte à transformer encore la capitale et certaines villes en mode violences. A moins que ce ne soit une stratégie adoptée par celui qui semble avoir fait de sa candidature à la présidentielle de février 2024, une question d’honneur voire de vie ou de mort ?
Le «Gatsa Gatsa» (combat mortel en wolof) qu’il mène contre Macky Sall, confine à un duel ad hominem (personnel), car malgré la non-candidature du président sénégalais, le président du PASTEF continue les tacles contre ce dernier et veut coûte que coûte être candidat.
On imagine d’ailleurs qu’après la révision du code électoral par l’Assemblée nationale permettant aux 2 reprouvés de la République Karim Wade et Khalifa Sall de candidater, on imagine que le PASTEF va ressortir le marronnier pour dire que le deal Macky Sall-PDS, c’est écarter Sonko, qui a dit que s’il est candidat, ce sera un coup KO, l’écarter lui donc et permettre à des comparses de venir pour être battu par le candidat de Benno Bokk Yakaar ou même permettre à Karim ou Khalifa de passer … C’est pourquoi, on peut estimer que le président Sall a désamorcé une première bombe, la sienne, en renonçant à ce 3e bail de trop, mais il semble qu’il en reste une : Ousmane Sonko dont on ne sait par ce qu’il mijote. Que faire pour ne pas dégoupiller la bombe Sonko ? Déjà, le porte-parole du PASTEF a été arrêté hier. Comme quoi d’ici le 25 février 2024 le Sénégal dansera le yoyo politique car Sonko a été investi par le parti. Et tout peut déraper. Sera t-il candidat en étant Rebeus comme un Khalifa Sall, élu maire-prisonnier ?
La REDACTION


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