Burundi : Petit espoir pour les médias ?

Burundi : Petit espoir pour les médias ?

Le général-président Evariste Ndayishimiye du Burundi est-il moins prédateur de la liberté de la presse que son défunt prédécesseur Pierre NKurunziza ? Aucun argument ne permet d’y répondre, même si ces derniers jours, celui qui été élu le 25 mai 2020 s’est rappelé que cette corporation mérite bien des égards et a instruit le conseil national de la communication (CNC) de prendre langue avec les responsables des médias, pour qu’enfin le pays ait ce poutre essentiel à l’édification d’une démocratie.

Patrons de presse ou simples journalistes fautifs, ou en exil ? Il faut que le CNC trouve une solution avec eux afin que les Burundais ne «s’entretuent plus … et en finir une bonne fois pour toutes».

Injonction vite exécutée, puisque le CNT a rencontré certains médias hier 1er février 2021, ceux restés au pays justement pour en parler. C’est là probablement le hic, qui limite la logorrhée du chef de l’Etat et la voile de suspicion. Dans ce Burundi, où pour son 3e mandat en 2015, Pierre NKurunziza n’a pas fait de quartier, au sens propre du terme, peut-on se fier à la parole de son successeur. Une répression qui s’est d’ailleurs poursuivie jusqu’au trépas de l’ex-président-pasteur.

Journalistes emprisonnés ou tués, incendies de radios, exode de plusieurs hommes de médias, la presse est l’un des souffre-douleurs du régime burundais.

Comment par exemple des confrères de Iwacu peuvent-ils de fier à ces propos sirupeux du président, sans avoir la preuve, que ce n’est ni un piège, ni une stratégie pour amadouer la Communauté internationale ?

Comment croire que le parti-Etat, le CNDD-FDD qui a été le bourreau des médias, qui est toujours au pouvoir, s’est subitement mué en formation politique démocratique, sourcilleuse sur les questions de liberté médiatique ?

Peut-on croire au président Evariste Ndayishimye, alors que les redoutés imborénakuré la jeunesse du parti, de sinistre mémoire, continuent à avoir machettes et fusils pour «punir» opposants et journalistes ?

A vrai dire, l’offre présidentielle est alléchante, mais demande à être soutenue par des garanties, du moins par de bons gages.

Car rien n’a changé au Burundi, oui le locataire du palais Yitega n’est pas le même. On le dit plus flexible, mais il est le produit du même système que celui qui a généré feu NKurunziza.

Donc il ne peut y avoir que la méfiance. Mais déjà, il y a un petit espoir, et peut-être si les autorités sont sincères, on le verra. Car rien ne sert que des médias reviennent au pays et qu’aussitôt un bâillon leur soit appliqué ou pire leur arrive. C’est dire que cette main tendue n’aura pas dans l’immédiat beaucoup de preneurs. Qui a bu boira !

Sam Chris

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