Le match Côte d’Ivoire – Burkina comptant pour les 8es de finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) promet. Hier en conférence de presse, les deux maîtres à penser ont chacun affirmé être prêts à s’approprier l’unique ticket qualificatif ce soir.
Sur le coup de 19 heures ce mardi soir, la pelouse du Grand stade de Marrakech va subir les coups de sabots des Etalons et les pattes lourdes des pachydermes de la Côte d’Ivoire. Un derby qui laissera forcément des traces, tant l’enjeu est pesant dans chaque camp.
Championne en titre, la Côte d’Ivoire entend très certainement renouveler les fortes émotions qu’elle a vécues il y a deux ans sur ses terres. Le Burkina lui, sorti à ce stade de la compétition par le Mali lors de la dernière CAN, parie sur un meilleur sort. Echoué au même stade sera une véritable déception nationale.
Au-delà de cette envie réciproque de laisser une trace indélébile à Maroc 2025, l’histoire qui lie ces deux pays, devenus presque des parents à plaisanterie, amplifie la pression de cette rencontre entre frères « ennemis » d’un soir de pluie et de fraîcheur maghrébine.
Parvenu en 8e de finale après 2 victoires et un match nul, soit un cumul de 7 points, le champion sortant est logiquement le favori de cette opposition. Mais pour le technicien ivoirien, être favori ne veut absolument rien dire à ce niveau de la course vers le trophée. Si les Etalons sont là, ce n’est pas par hasard. C’est une bonne équipe, capable de faire valoir ses qualités, laissera-t-il entendre. Pour étayer la notion caduque de favori, Emerse Faé prend d’ailleurs l’exemple du match Maroc-Tanzanie où le majestueux lion de l’Atlas a failli se faire couper la crinière.
Si le maître à penser des Éléphants de la Côte d’Ivoire est resté prudent et mesuré dans ses propos, notre « Chercheur » national lui, place le contre-pied parfait. La Côte d’Ivoire est une grande équipe, le coach Brama Traoré n’en disconvient pas. Elle est championne en titre, il le concède. Elle regorge de talents, aucun doute. Mais qu’à cela ne tienne, « nous sommes venus pour disputer cette CAN et la remporter, si cela passe par le champion en titre, nous sommes prêts à l’affronter », dira Brama Traoré avant d’ajouter que « pour être champion, il faut battre un champion ».
Une confrontation aux allures de géopolitique !
Véritable derby de l’Afrique de l’Ouest, ce Burkina Faso – Côte d’Ivoire a désormais des allures de confrontation géopolitique et personne ne doute que ce paramètre est pris en compte dans les deux états majors et plus largement, par les populations des deux pays.
Lors de la conférence de presse, les propos de Brama Traoré ont pu paraître prétentieux. Mais à la réalité, sa force de conviction est motivée par l’état d’esprit du Burkinabè nouveau, décomplexé et hyper motivé dans l’affirmation de son identité patriotique. Et d’ailleurs, les joueurs à l’image du capitaine Bertrand Traoré, Georgi Minoungou, Hervé koffi, Steeve Yago, sont dans le même dynamisme.
A Ouagadougou, Bobo Dioulasso, Dori, tout comme à Abidjan, Yamoussoukro, Bouaké ou Man, le choc Côte d’Ivoire – Burkina se dévisse avec autant de délections que d’appréhension. Par ricochet, Niamey, Bamako et certaines contrées du globe vivent la même sensation. Après la qualification des Aigles du Mali, il ne manque plus que le Burkina pour que l’AES explose de joie et s’en donne à cœur joie dans le dépeçage du pachyderme. Le vol spécial organisé par la compagnie nationale Air Burkina vise, à bien y réfléchir, à une meilleure dégustation de l’éléphant.
A l’opposé, les Ivoiriens, les anti AES et assimilés souhaitent de toute évidence, le malheur du cheval gagnant burkinabè. A l’heure où les actions posées par les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) et principalement du Capitaine Ibrahim Traoré font des émules en Afrique et bien au-delà, tout plébiscite, qu’il soit économique, sportif, militaire ou infrastructure, est naturellement mal digéré par les partisans de l’immobilisme. Quoi qu’on dise, ce match revêt inéluctable un caractère extra sportif, dont on dissèquera sans répit des jours durant.
Aussi important que soit, ce match, Burkinabè, Ivoiriens, partisans de l’AES ou non, ne doivent pas perdre de vue les vertus du sport. S’il est vrai que le football est une vitrine sans commune mesure, il est tout aussi vrai qu’il reste un canal de brassage, de partage et de fraternité. En somme, un moyen tout aussi efficace de « panafricaniser » l’Afrique. De ce point de vue, l’engagement du Burkina pour un sport unifiant est inspirant !


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